Face aux dérives du PS au Sénat, Pierre Albertini défend "une laïcité du respect et de la tolérance"
09 février 2012
Pierre Albertini, ancien député-Maire de Rouen, s'est élevé contre la proposition de loi adoptée par le Sénat "visant à étendre l'obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité".
Sur proposition du groupe RDSE, le Sénat a adopté le 17 janvier dernier une proposition de loi qui porte en apparence sur la neutralité des structures privées d'accueil de la petite enfance. Elle cible en réalité le port du voile, stigmatisant ainsi un culture en particulier.
"En séparant les Églises et l'État, la loi de 1905 a fait du respect des cultures et des convictions religieuses une exigence de la nation. C'est cette laïcité de tolérance - et non de combat - que je veux garantir dans la société française. C'est pourquoi, toutes les tentatives de stigmatisation d'un culte, quel qu'il soit, doivent être condamnées", a-t-il estimé en préambule.
"Je considère donc comme inopportune et inutilement blessante la proposition de loi que la majorité socialiste du Sénat vient d'adopter. Elle vise à interdire le port du voile dans les structures privées d'accueil de la petite enfance : crèche, halte-garderie, jardin d'enfants, etc. Légiférer en ce domaine revient, en fait, à montrer du doigt certaines femes musulmanes dans notre pays. C'est indigne de la conception que je me fais d'une laïcité du respect et de la tolérance", a-il analysé.







Je crains que certains ne m'aient pas bien compris. Il s'agit ici de structures privées (et non publiques) accueillant des enfants. Il est fondamental, à mes yeux, que les enfants ne soient l'objet d'aucune tentative d'influence ou de manipulation, d'où qu'elle vienne. Personne ne doit évidemment transiger avec ce principe de neutralité.
Ma question est : le port d'un simple voile ne masquant pas le visage porte-t-il atteinte au respect dû à l'enfant ? Le penser, n'est-ce pas stigmatiser une religion en particulier et les religions en général ? En la matière, une laïcité bien comprise postule un principe de confiance. C'est, à mon sens, la seule manière d'assurer le vivre-ensemble, pacifique, respectueux, serein, de membres d'une communauté partagée, en fait, entre des croyants de toutes sortes, des athées et des agnostiques.
Pierre ALBERTINI ne connaît que la laïcité "politique", séparant l'Etat et les religions. Elle est la condition sine qua non de la coexistence pacifique entre les religions et avec les non-croyants. Mais cette laïcité, fondée sur une conception de plus en plus laxiste et électoraliste de la tolérance et de la neutralité, favorise en fait les religions et leur prosélytisme (par définition unilatéral) et le communautarisme.
Certes, la laïcité "philosophique" (rétive au prosélytisme, et qui peine donc à émerger en Belgique,) se passe de toute référence irrationnelle, surnaturelle et transcendante, elle condamne la soumission religieuse et prône l'autonomie de la conscience, mais elle n'est pas pour autant antireligieuse. En effet, elle souhaite un système éducatif qui rendrait la liberté de conscience et de religion plus effective que théorique et symbolique, par une information MINIMALE à la fois sur les différentes religions (un minimum de culture religieuse fait partie de la culture générale) ET sur les différentes options laïques, occultées par l'enseignement confessionnel.