"Twitter est formidable, en ce qu'il nous oblige à être concret, simple et direct"
14 mars 2012
François Bayrou a reçu Jack Dorsey, fondateur et dirigeant de Twitter, mercredi 14 mars à son QG de campagne. Un dialogue en tête-à-tête, constructif et personnel.
C'est d'abord en utilisateur expérimenté de Twitter que François Bayrou a reçu mercredi Jack Dorsey, dans son QG de campagne. Le député des Pyrénées-Atlantiques est en effet le seul candidat à la présidence de la République à utiliser lui-même son compte Twitter. Pendant près d'une heure, les deux hommes ont échangé sur la place du réseau social dans le quotidien des citoyens et sont revenus sur la success story de ce réseau social qui compte aujourd'hui plus de 400 millions d'utilisateurs de par le monde.
"S'exprimer en 140 caractères comporte une part de poésie"
Très naturellement, Jack Dorsey a interrogé François Bayrou sur sa pratique de cet outil. Pour le candidat à la présidence, il s'agit d'une chose "formidable, en ce qu'elle nous oblige à être concret, simple et direct. Communiquer en 140 caractères comporte pour moi une part de poésie. Cela me fait penser aux Haïku japonais, dont la forme est très codifiée et extrêmement brève". François Bayrou s'est également amusé de l'addiction à Twitter développée par certains utilisateurs, pour certains ministres ou parlementaires.
Tous deux ont insisté sur la nécessité pour les personnalités politiques d'adopter une démarche transparente sur l'utilisation de leurs comptes Twitter : "Dès l'ouverture de mon compte, début 2011, j'ai souhaité afficher la règle de fonctionnement. Ce que mon équipe publie, elle le signe toujours CM, pour community manager", a rappelé François Bayrou.
"Le partage non marchand est pour moi la marque de fabrique d'Internet"
Le député des Pyrénées-Atlantiques s'est montré curieux du nouveau système de paiement par mobile initié par Jack Dorsey, intitulé "Square". "C'est une petite révolution, qui permet d'éviter l'utilisation de terminaux coûteux et contraignants. Pensez à l'impact que cela pourrait avoir pour les chauffeurs de taxis, pour les commerces de proximité...", a commenté le candidat à la présidence de la République. Cet outil, actuellement en développement aux États-Unis, n'est toutefois pas encore commercialisé en France.
Ce dialogue décontracté fut aussi l'occasion pour François Bayrou de revenir sur sa vision d'Internet, qui incarne à ses yeux "une véritable révolution culturelle, un saut de civilisation". "Le partage coopératif non marchand est la marque de fabrique de cet univers-là. Dans le modèle wiki, le crowdsourcing, il y a une démarche qui n'avait jamais existé dans l'humanité jusque là, sauf peut-être dans la démarche scientifique. La somme de connaissances données de manière désintéressée par des centaines de milliers de gens, est une démarche exceptionnelle", a-t-il jugé en marge de cet entretien.
Le candidat qui "aime le plus" Twitter
Bilan de cette visite pour Jack Dorsey ? Selon un membre de son équipe, interrogé par le Nouvel Observateur, François Bayrou serait le candidat à la présidence de la République qui "utilise" et "aime le plus" Twitter.
Cette rencontre s'inscrivait d'ailleurs dans la ligne de plusieurs autres menées depuis le début de la campagne. François Bayrou était notamment chez Dailymotion, mardi 13 mars, et aux côtés de Gilles Babinet, Marc Simoncini, Céline Lazorthes et Fabrice Epelboin pour un débat sur le numérique, mi-février.
Les propositions pour le numérique
1. Élaborer une stratégie nationale de développement, fondée sur l'expertise du Conseil national du numérique et de l'ensemble des acteurs concernés.
2. Créer une zone économique autonome dans le monde Internet, dans laquelle on expérimentera un certain nombre de règles mises en place les créateurs d’entreprises eux-mêmes.
3. Démultiplier le financement de l'innovation par des Assises du financement, des avantages renforcés pour les business angels sur le principe de ceux accordés aux fonds de capital risque, par des financements dédiés et une reconfiguration d'OSEO et du FSI.
4. Mettre en adéquation les formations diplômantes et développement des cursus courts (BTS, BEP) et les besoins du secteur, pour permettre aux Français de profiter de ce formidable gisement d'emplois.
5. Développer l'e-learning et l'éducation au numérique.
6. Adopter une démarche positive de respect du droit d'auteur, par le développement de l'offre de téléchargement légal à bas prix.
7. Construire une charte éthique, qui encadre et régule le développement et l'exportation des technologies numériques.
8. Créer un Haut Commissaire aux systèmes d'information de l'État, qui veille à une stratégie globale et à des économies d'échelle, en ce qui concerne les technologies utilisées par les ministères et les organismes publics.
9. Faire de l'ouverture des données publiques non nominatives un droit garanti pour tous les citoyens et encourager les entreprises à ouvrir leurs données.
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Bonjour,
C'est sur que ce sera une très bonne chose le jour où les politiques auront le sens du concret !
A propos, Monsieur Bayrou, que pensez-vous de ma proposition pour le salaire du président de la république sur http://bit.ly/xTUyAQ ?
Cordialement.
Patrick Hannedouche
On peut être frappé par la pauvreté de l’imagination politique. Prenons le plan numérique de Bayrou sur le numérique . Reprenons les 8 points et appliquons les au développement de la banane. Qu’est ce que cela donne ?
1. Élaborer une stratégie nationale de développement, fondée sur l'expertise du Conseil national de la banane et de l'ensemble des acteurs concernés.
2. Créer une zone économique autonome dans le monde de la banane, dans laquelle on expérimentera un certain nombre de règles mises en place les créateurs d’entreprises eux-mêmes.
3. Démultiplier le financement de l'innovation par des Assises du financement, des avantages renforcés pour les bananes angels sur le principe de ceux accordés aux fonds de capital risque, par des financements dédiés et une reconfiguration d'OSEO et duFS
4. Mettre en adéquation les formations diplômantes et développement des cursus courts (BTS, BEP) et les besoins du secteur, pour permettre aux Français de profiter de ce formidable gisement d'emplois représentés par la banane.
4. 5. Développer l'e-Consuming de la banane et l'éducation à la consommation de la banane
6. Adopter une démarche positive de respect du droit du producteur, par le développement du marché légal à bas prix.
7. Construire une charte éthique, qui encadre et régule le développement et l'exportation des bananes.
8. Créer un Haut Commissaire aux systèmes d'information de l'État, qui veille à une stratégie globale et à des économies d'échelle, en ce qui concerne les consommations de bananes par les ministères et les organismes publiques.
9. Faire de l'ouverture du marché des bananes un droit garanti pour tous les citoyens et encourager les entreprises à ouvrir l’accès à leur production.
Je n’ai pas changé grand-chose et cela semble s’appliquer au marché de la banane, des radis et de bien d’autres et du scoubidou !
C’est pas propre à Bayrou, c’est propre à tout le monde politique et aux acteurs du privé également . Mêmes formations, même habitudes et mêmes résultats. Cette dérive vient du manque au départ de l’analyse, de la spécificité du domaine abordé.
Si on prend le marché du numérique, on peut constater par exemple que l’une des spécificités importantes c’est qu’on « peut voir, agir, sur tout de par tout » . A travers cette seule spécifité, on peut voir comment toute notre vie privés, professionnelle, culturelle, administrative a déjà été transformée et va l’être encore plus. Si le politique fait au départ ce type d’analyse, il a quelques chances alors de devenir « moteur d’envie » pour le présent, pour le futur, et non pas d’être simple gestionnaire à la petite semaine comme le sont un grand nombre d’entités des pouvoirs publics.
Ce manquement ne serait-il pas dû à des techniques comme Twitter ? Qu’aurait-t-on dit il y a un demi-siècle, si la politique n’avait été conduite que les échanges du Café du Commerce, réputés pour leur concision et leurs images ? La construction de la pensée se fait par objets courts, longs,. Aujourd’hui à force privilégier le court, on développe un certain manque de profondeur d’analyse. Et on le voit dans tous les domaines (crise financière, dette entre autres). D’où la pauvreté et l’inefficacité bien souvent des actions et réactions mises en place.
Bon twittons ! Nos oiseaux ne twittent-ils pas si bien ?