"Il faut un débat entre les candidats du premier tour, c'est une obligation légale et morale"
03 avril 2012
Face à Jean-Michel Aphatie sur RTL, François Bayrou a appelé le service public à organiser un débat entre les dix candidats du premier tour et "sans remplacement".
Pour le candidat à la présidence de la République, "il est inimaginable qu'on fasse aujourd'hui une campagne sans que les questions du chômage ou du surendettement soient abordées". "Comment voulez-vous que notre peuple se fasse seul une opinion sur ces sujets ?", a-t-il demandé en dénonçant "des médias" et "les candidats principaux" qui "prennent leur part" dans cette omission.
Rappelant qu'à l'instar de The Economist, la presse internationale s'est posée la question de savoir pourquoi en France on ne parle pas de ces sujets, le député des Pyrénées-Atlantiques a décidé de s’en porter garant. "Ma mission est justement qu'on en parle", a-t-il affirmé. Il a aussi répondu à ceux qui pensent que les Français ne veulent pas entendre ces sujets, car cela les terrifie : "Je ne crois pas que le peuple veuille baisser les bras". Il a déploré le manque de "politiques adultes" et appelé à ce que "l'élection présidentielle ne soit pas une énorme désillusion" qui amènerait la situation à s'envenimer quelques semaines ou quelques mois après le scrutin. "Rares sont ceux qui vont dire aux Français la vraie situation", a-t-il déploré en précisant que les mesures à prendre ne doivent pas susciter le découragement. "L'effort est un optimisme. L'effort est un espoir", a-t-il décrit, "plus ça attendra, plus ça empirera".
François Bayrou a ensuite vivement attaqué la décision de France Télévision de ne finalement plus organiser un grand débat entre les candidats. "Je rappelle que France 2 a organisé deux débats de plus de 2 heures pour les primaires socialistes. Est-ce que les primaires sont plus importantes que l'élection présidentielle ?", s'est-il interrogé. Pour lui, il ne s'agit que d'une "entente clandestine entre Nicolas Sarkozy et François Hollande pour ne pas débattre". "Savez-vous comment on appelle un cheval qui ne saute pas un obstacle dans une course hippique ? Une dérobade. Les Français n'ont pas besoin d'un président qui se dérobe en permanence mais qui regarde les choses en face", a-t-il dénoncé. "Il faut que ce débat soit organisé", a-t-il revendiqué en invoquant "une obligation morale et légale" et qu'il se déroule "sans remplacement" afin que les candidats débattent les uns avec les autres directement. François Bayrou a déclaré être prêt à prendre les mesures légales pour arriver à ces fins démocratiques, annonçant saisir le CSA, puis le Conseil d'État si rien ne bouge.
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je suis d'accord avec marcelle et je crois que FB souffre d'un certain ostracisme de la part des médias car même alain Duhamel dit qu'un débat à 10 sur un plateau télé est ingérable étonnant non ?
Le journaliste JM Apathie est déconcertant, comment en tant qu'électeur et même en tant que journaliste peut-il ne pas répondre à la question de François Bayrou ? Il ne se gêne pas habituellement pour donner son opinion dans des sujets où nous ne l'attendons pas. Ferait-il partie lui aussi, alors que nous aurions pu espérer le contraire, de cette cohorte de journalistes qui dérobent devant la question essentielle, celle du vrai débat démocratique des élections d'un chef d'Etat ? En effet la presse n'est pas à la hauteur des enjeux de cette élection, par lâcheté, par compromission, par sectarisme, par manipulation. Pour ma part je dénonce les méfaits sans cesse croissants d'une presse qui ne fait pas son travail, mais qui se comporte avec une arrogance et une autosatisfaction permanentes,donnant l'impression qu'elle est intouchable et qu'elle est légitime en tout. On nous noie sous des débats sophistiqués et inutiles, portant sur des sujets qui distraient l'intelligence et l'attention des auditeurs au lieu de les informer et de les aider à réfléchir sur les sujets de fonds. La presse est un vecteur essentiel de la communication et de la compréhesnion de notre temps, elle ne remplit pas son rôle, elle envahit l'espace médiatique et nous soûle de propos inintéressants, gaspille notre temps et notre argent, elle est un pur produit de consumérisme, elle n'a jamais été aussi vaine et décevante, et, puisqu'elle est dite libre, qu'elle s'auto-saisisse et fasse enfin une auto-critique salvatrice ! On en a vraiment assez !