"Il ne faut mentir sur rien : ni sur les dépenses, ni sur les impôts, ni sur les efforts qu'il faudra faire"
15 avril 2012
François Bayrou était l'invité de Parole Directe sur TF1, dimanche 15 avril. Pour lui "ce n'est pas de démonstrations de force dont le pays a besoin, mais de démonstrations de vérité".
Interrogé par Claire Chazal, François Bayrou s'est montré clair, déterminé et offensif : "La manière dont Nicolas Sarkozy et François Hollande présentent la situation de la France, tout le monde sait parmi les observateurs et les responsables politiques, c'est tellement loin de la réalité que c'est une manière de tromper le pays". C'est en ces termes que le candidat à la présidence de la République a décrit les "manifestations de forces" de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ce dimanche à Paris. "Les plus grands meetings de l'Histoire ont été ceux des plus gros mensonges et des plus graves désillusions, car ce n'est pas au nombre de personnes présentes que l'on mesure la vérité", a-t-il souligné.
Pour lui, "nous avons assisté aujourd'hui à des dissimulations de la réalité". "Nicolas Sarkozy nous explique que la crise est finie. Il suffit d'ouvrir un journal pour se rendre compte que ce n'est pas le cas", a-t-il dénoncé. Quant à François Hollande, "il nous explique qu'avec 100 milliards de déficits, il dépensera 30 milliards de plus en affirmant qu'il fera 'plier les marchés financiers'. Qu'il décroche son téléphone et qu'il appelle M. Zapatero, M. Papandréou ou M. Sòcrates, socialistes tous les trois, pour leur demander s'ils ont fait plier les marchés! La vérité, c'est que lorsqu'un pays a perdu la confiance des investisseurs, il en est réduit aux pires arbitrages, à toucher à l'éducation, à la santé, ..."
Pour le député des Pyrénées-Atlantiques, "le seul obstacle de cette campagne est que les candidats se présentent comme si le pays n'allait pas si mal". "Je suis le seul à proposer de baisser les dépenses. Je suis le seul qui propose de faire du 'Produire en France' une priorité", a-t-il revendiqué avec conviction. "Si vous prenez leurs hypothèses de croissance, elles sont au moins le double de ce que les observateurs nous prédisent", a-t-il encore précisé, en référence aux prévisions des organismes internationaux.
"Si vous n'êtes pas capable de dire la vérité au peuple, rentrez chez vous!"
A ses yeux, "il n'y a qu'une seule manière de s'adresser au pays : il ne faut lui mentir sur rien". "Ni sur les dépenses, ni sur les impôts, ni sur les efforts qu'il faudra faire", précise-t-il. "Si vous n'êtes pas capable de dire la vérité au peuple ces citoyens, rentrez chez vous! Les citoyens ne doivent dire qu'une chose à ces candidats : 'Vous nous trompez et vous truquez. De truqueurs, nous n'en voulons pas'", a-t-il conclu avec fermeté.
Questionné sur l'hypothèse d'un second tour François Hollande contre Nicolas Sarkozy, François Bayrou a déploré que cette campagne soit "orientée autour de l'idée qu'on va gommer le premier tour". "Il se trouve que ma présence dans cette élection est pour que le deuxième tour ne soit pas celui qu'on nous promet depuis des mois", a-t-il pointé. "Je prends mes responsabilités dans ce premier tour pour proposer aux Français un vrai choix", "je refuse que l'on mène les Français par le bout du nez alors que 60 % d'entre eux ne veulent pas d'un second tour entre ces deux candidats".
Enfin, interpellé sur le fait qu'il s'agisse de sa troisième candidature, le député des Pyrénées-Atlantiques a tenu à rappeler que "la ténacité est la principale qualité en politique" et que "l’engagement politique suppose qu'on est prêt à supporter certaines choses pour défendre ses idées". "Je sais bien que ce n'est pas à la mode et que beaucoup cherchent un agrément de carrière. Ca n'a aucune importance pour moi. Regardez dans les yeux vos amis et vos proches, les familles qui ne trouvent rien et demandez-leur si ce qu'il faut ce sont des dirigeants qui vont négocier de petits avantages dans leur coin. Je ne suis pas de ce bois là", a-t-il dénoncé avec virulence.
Il a enfin précisé que "le centre est une nécessité", car "jamais les extrêmes n’ont permis à un pays de s'en sortir". "Le seul mouvement politique totalement imperméable aux extrêmes, c'est le centre ! C'est pour cela qu'il est fait et c'est pour cela qu'il va se reconstituer et peser de tout son poids dans la vie politique française", a-t-il conclu.
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Dimanche prochain, nous devrons voter, c'est notre devoir civique. Il y a une vraie réalité dans ce que vous dites. Nous, les "petits", nous sommes seuls devant les difficultés de la vie. Chomage, santé, protection sociale de moins en moins suivie. Les handicapés, qui pense à eux ? Eux aussi doivent aller voter et pourtant, personne n'en parle. Pourquoi ? Je suis moi-meme handicapé et pourtant, je me force à ne pas sombrer dans la dépression. Les personnes sourdes ou malentendantes ont-ils le droit de voter ? Messieurs Sarkosy, Hollande, etc... Personne ne pense à nous. Les belles paroles, il y en a tellement. C'est si facile de lancer de la poudre aux yeux afin de cacher la misère. J'éspère simplement que la vraie priorité pour les français, c'est avant tout, le respect et la dignité, meme face à la maladie.
@ Arnaud Le Bihan
C'est sans doute vous qui avez "raison de partager les torts" ! J'y avais aussi pensé, notamment lorsqu'un social démocrate beaucoup plus crédible que Hollande, en l'occurrence DSK, avant ses frasques ravageuses, était il n'y a pas si longtemps favori de tous les sondages.
J'ai même pensé, comme beaucoup d'autres, que ce qui arrivait à DSK ouvrait un boulevard à François Bayrou, qui voyait là disparaître son principal challenger. Mais l'antisarkozysme étant le seul argument largement majoritaire en France, nous constatons aujourd'hui que n'importe quel ténor socialiste pourra faire l'affaire, même s'il chante faux, pourvu que Naboléon dégage !
Alors oui, dans tous les cas, il faut que FB obtienne le score le plus élevé possible au 1er tour.
Quoi qu'il advienne ensuite, soyons pragmatiques. Il est de loin préférable, à défaut d''être Président, qu'il devienne le premier ministre de Hollande, pour "pouvoir" agir et réaliser une part de ses idées de l'intérieur, plutôt que de repartir en morne plaine pour 5 ans ! Pour ce faire, il faudra néanmoins que chacun des deux mette, l'un, FB, un peu d'eau dans son vin, et l'autre, Hollande, un peu de vin dans son eau...