Hadopi
Il y a des créations qui n'existent pas s'il n'y a pas de droit d'auteur. Par exemple, Michel-Ange, s'il n'est pas sous le mécénat des papes, ne peint pas la chapelle Sixtine. Ce n'est pas un manque d'idéal, il s'agit juste de réalisme. Les droits d'auteurs comptent beaucoup pour écrire, chanter ou composer de la musique et sans ces droits d'auteurs, il n'y aurait pas cette richesse de création.
"Il faut trouver des solution plus justes"
La sanction de la coupure à Internet tout en faisant continuer à payer l'abonnement sans décision de justice est profondément injuste et contraire aux principes. Il y a également des risques concernant l'identification. Comment fait-on à partir d'une simple adresse IP pour trouver l'usager de cette même adresse IP ? De nos jours il y a plein de réseaux WI-FI, les adresses IP peuvent par exemple correspondre à l'un de ces réseaux WI-Fi sur lesquels des utilisateurs non-identifiés se connectent. Comment va-t-on pouvoir identifier les personnes de passage ? Il y a également des risques d'inquisitions, de Big Brother, d'intrusion dans la vie privée des gens. Il est également dérangeant que l'on puisse prendre des décisions qui portent atteinte à la vie des gens sans décision de justice et qui soient purement administratives.
"Maintenant, c'est le streaming qu'on veut contrôler. Et après ?"
Cette mesure sera très vite dépassée. Les logiciels de "peer-to-peer" cryptés se multiplient. Et ces logiciels peuvent non seulement s'intéresser à la musique où au cinéma, mais également à des tas de choses qui peuvent passer par ce biais et qui sont d'ordre plus redoutables ou dangereuses encore. Maintenant, c'est le streaming que l'on veut contrôler. Et après ce sera quoi ? Il faut protéger les droits d'auteur sur Internet sans passer par ces dispositions irresponsables. C'est la question à laquelle la communauté des internautes devra s'atteler.
"La licence globale est impossible à appliquer"
À l'époque du vote de la loi Hadopi, j'étais défenseur de la licence globale. Il se trouve que j'ai étudié, si on pouvait le faire ou pas. J'ai lu attentivement une étude du Parti Pirate qui estime que cela n'est pas possible. Si on doit répartir justement le revenu de cette licence globale, il faut savoir qui télécharge quoi. Sauf qu'aujourd'hui il y a des gens capables de relier des ordinateurs en réseau pour manipuler les téléchargements. Je pense que ce qui débloquera la situation sera le téléchargement légal et pas cher. Pour une chanson, un euro c'est trop. Quand vous êtes un détenteur de droits, il vaut bien mieux avoir cinq téléchargements à vingt centimes, parce que ça se propagera, plutôt que de vendre un seul album plus cher.
François Bayrou





Je suis d'accord avec lui sur tous les points. Les droits d'auteurs sont nécessaires pour protéger la création. Après tout qui à envie de se faire piller son propre travail ? Personne selon moi. D'un autre côté Hadopi n'est pas une solution viable parce que le système est injuste, répressif et inadapté. Prenons l'exemple de quelqu'un qui se fait pirater sa connexion internet à son insu par un voisin peu scrupuleux et que le dit voisin télécharge avec la connexion qui n'est pas la sienne. Et bien c'est l'infortuné voisin qui est responsable car selon l'Hadopi : " Chacun est responsable de sa ligne internet" : c'est totalement injuste envers des personnes novices en informatique qui vont recevoir une lettre d'Hadopi alors qu'elles n'ont pas le temps ou les connaissances techniques pour sécuriser la ligne. Ensuite Hadopi est répressif et n'apporte pas de vraies solutions si ce n'est de dire : "Le vol c'est mal, et tant pis si la culture est trop cher pour toi, tu t'en passeras" : Donc si on suit ce raisonnement seules les personnes ayant une bonne situation financière pourront accéder à la culture, c'est-à-dire à la musique, aux films, aux e-books. D'autant plus quand on voit les prix des oeuvre numériques, une chanson sur iTunes pour ne citer que cette plateforme coûte 0.69 centimes, 1 euros ou 1.25 euros en fonction des titres, et il est très rare de rencontrer des titres proposés à 0.69 centimes. Personnellement je trouve qu'un euro pour un morceau c'est trop cher et je pense que beaucoup partagent mon avis, surtout pour la qualité du son proposé ( c'est loin d'être du FLAC ). Pour rappel un album sur iTunes ( toujours cette même plateforme ) coûte généralement 9.99 euros soit sensiblement le même prix que dans le commerce, ce qui est d'autant plus injustifié qu'il y a le coût du packaging en moins !
Enfin, Hadopi est inadapté à la réalité, et ne cible pas le streaming ( pourtant majoritaire dans le cas du visionnage de films et ce malgré la fermeture de MegaUpload ), mais seulement le peer-to-peer loin d'être majoritairement utilisé aujourd'hui. Hadopi est donc déjà depuis longtemps dépassé et donc inutilement coûteux.
La licence globale semble être la solution en théorie la plus applicable, après la pratique peut se révéler sensiblement différente et des abus apparaîtront clairement tels que la mise en place d'ordinateurs fantômes, etc...
Dans tous les cas Hadopi est la moins bonne des solutions et n'apporte rien aux consommateurs voir même à l'Etat qui dépense de l'argent quasi-inutilement.
Bonjour, le problème aujourd'hui est que l'offre légale n'existe que pour la musique grâce à une énorme entreprise privée Américaine qui a forcé le marché mais ça ne serait jamais venu des autorités. Il n'y a pas de vrai offre légale pour le cinéma (actuellement il s'agit de raquette) ni pour les séries en VO sous titrée, les internautes sont obligés de télécharger, et sont menacés par les autorités pour cette raison, ce qui n'est pas très démocratique. Il faut une offre forfaitaire pour du vrai illimité, il faut donner un prix à ce type de consommation, accompagné de portails dignes de ce nom. Aujourd'hui, même si je cherchais un abonnement à un million d'euro par mois dans une offre forfaitaire satisfaisant mon besoin : des films de moins d'un an et des séries en VO sous titrées de moins d'un mois, le tout en illimité, personne ne pourrait prendre mon argent, personne ne voudrait me proposer une offre de ce type, aucun prix n'a été fixé pour ce service, les internautes se le crée eux même, ils occupent illégalement une niche laissé vacante, et c'est presque normal ! La chronologie du cinéma fixée par les autorités est le plus gros obstacle au développement du forfaitaire (3 ans pour de la VOD illimité, aberrant !), le prix des films en VOD à l'unité est une alternative extrêmement onéreuse (raquette), et pour les séries VOST avec un faible décalage US, il n'y a tout simplement aucune offre de proposé (même à un million d'euro par mois). Si les internautes téléchargent, c'est parce que l'état et les majors ne veulent pas leur vendre les offres qu'ils demandent, on ne veut pas de notre argent et on préfère nous sanctionner, c'est malsain.