La France de toutes nos forces
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François Bayrou dévoile son "Projet d'espoir" pour la France



C’est un projet qui parle d’espoir. Un projet et pas seulement un programme. Car un programme électoral, c’est trop souvent un catalogue de promesses disparates dont le seul but est de séduire des électeurs. « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent… », disent les cyniques. Avec autant de déceptions au bout. Un projet, c’est plus profond. C’est une vision. Cela parle d’un pays, de son destin. D’un pays, c’est-à-dire d’un peuple et de ses valeurs. Et du chemin qu’il doit suivre pour être heureux, pour être grand, pour être reconnu, pour se reconnaître. A la veille de l’élection présidentielle de 2007, François Bayrou apparaît comme celui qui peut changer le destin politique de notre pays. Il dit : « Nous traversons une crise comme nous n’en avons pas rencontré depuis cinquante ans. Pour sortir de cette crise, il faut bousculer les vieux clivages, imposer un projet d’espoir, qui rassemble au lieu de diviser. » Ce livre est celui des idées claires pour la France. Des idées de réformes concrètes et réalisables, mais plus encore des orientations qui réunissent un pays et lui permettent de trouver son chemin.

Extraits

L'esprit de résistance

Nous sommes de drôles de gens : nous choisissons comme devise nationale un projet pour l'humanité. Il ne faut pas avoir froid aux yeux. C'est l'histoire de la France. La France ne sera bien, ne sera heureuse et équilibrée que si elle sait qu'elle porte un projet de société, et non pas une résignation de société. Et ce projet n'est pas seulement pour nous, il est aussi pour qui dans le monde se trouvera en recherche du même idéal.

Et il faut bien le comprendre : cet idéal est un idéal de résistance.

Les trois vertus nationales sont des vertus de résistance. La liberté ne va pas de soi. Ce qui va de soi, ce qui est naturel, c'est la domination, c'est la servitude, l'asservissement aux traditions, à la caste, à la naissance. L'égalité ne va pas de soi. Ce qui est naturel, c'est l'inégalité, la domination du fort sur le faible. La fraternité ne va pas de soi. Ce qui est naturel, c'est le chacun pour soi.

Ces trois vertus, ces trois résistances, ont permis depuis deux siècles une émancipation des femmes et des hommes, mais aussi de notre pays face aux tentatives de domination auxquelles il était exposé.

Cette résistance est toujours d'actualité.

Autrefois, c'était la résistance à l'absolutisme et aux puissances envahissantes.

Aujourd'hui, c'est la résistance à une domination plus subtile, qui chaque jour s'avance un peu plus sur la planète, un modèle de domination des esprits.

Tout se passe comme si le modèle dominant sur la planète était désormais la loi du plus fort. Et le plus fort, c'est le plus riche. Tout se passe comme si l'argent, l'univers de l'argent, les puissances de l'argent avaient définitivement triomphé. [...]

Il faut un projet républicain pour la France et pour le monde. Et ce projet s'exprime en une phrase : en face de la loi du plus fort, il faut la loi du plus juste. [...]

En aucun autre pays d'Europe le principe de séparation des pouvoirs n'a été aussi bafoué que chez nous. Ce n'est pas une dictature, bien sûr, les temps en sont pour le moment passés. Mais ce sont tous les pouvoirs entre les mêmes mains, c'est le Parlement tenu en laisse et, s'il bronche, on n'hésitera pas à lui en faire rabattre, à lui expliquer qu'il n'a pas à se saisir des affaires importantes. Et la justice n'est pas à l'abri, parce que c'est le pouvoir qui fait les carrières, qui nomme aux grands emplois et distribue les décorations qui font partie du cursus.

Ainsi, pas de contrôle réel, pas de délibération réelle, pas d'obligation de convaincre, pas de limite à l'installation des amis et des proches dans tous les postes de l'Etat. Partant, pas de limite à l'esprit de cour. Ainsi le ver est dans le fruit. De proche en proche se répand le bruit, la certitude que, pour faire carrière en France, il faut faire allégeance. Et des jeunes gens brillants, des esprits honorables, s'enrôlent tour à tour chez les uns et chez les autres, au lieu de s'obséder à servir l'Etat. Ainsi les réseaux prospèrent... [...]

Chez nous, le président est puissant, puisque nous sommes un grand pays centralisé et qu'il est élu au suffrage universel. Et le gouvernement est puissant parce qu'il est choisi par lui. En face du président et du gouvernement, il faut qu'il y ait un Parlement fort et respecté. Pas un Parlement obéissant et servile. Pour cela, il faut renoncer aux instruments qui permettent au gouvernement de passer en force, ou rendre leur usage exceptionnel. Alors les notions françaises de 49-3, d'ordonnances d'urgence, qui sont utilisées tous les jours pour que le Parlement soit interdit de faire son travail, appartiendront au passé. Alors le Parlement retrouvera la maîtrise de son ordre du jour. Alors il pourra enfin contrôler le gouvernement, par exemple en faisant appel à l'expertise des magistrats de la Cour des comptes.

Alors aussi les parlementaires retrouveront intérêt à leur travail, qu'ils ont pour beaucoup depuis longtemps déserté. Alors pourront-ils accepter l'idée d'un mandat à plein temps. Et pour les y encourager, les y pousser quelque peu, la règle dira que l'on ne pourra plus participer à un vote si l'on n'est pas présent : les votes seront publics et personnels.

Et les parlementaires ne seront plus dépendants du seul gouvernement pour leur élection. Nous n'avons pas une loi électorale juste : il faut qu'elle le devienne. Tous les grands courants politiques du pays doivent être représentés à l'Assemblée nationale. Pas seulement les courants majoritaires. Mais aussi les minoritaires. C'est le cas dans 26 des 28 pays qui sont nos partenaires en Europe.

L'état impartial

J'imposerai l'Etat impartial [...] Il suffit de n'être pas "accro" au pouvoir et de considérer que ce n'est pas parce que quelqu'un ne pense pas exactement comme vous qu'il n'est pas digne d'estime et que vous ne pouvez pas travailler avec lui.

J'ai vécu cela, le jour de mon installation comme tout jeune ministre au ministère de l'Education nationale. Il faut se souvenir de ce que fut 1993. Une déroute du Parti socialiste au pouvoir comme il n'y en eut jamais : à peine 60 députés réélus contre plus de 450 de la majorité de droite ! On avait l'impression, comme toujours, que, selon l'expression consacrée, "si l'on ne faisait pas de bêtises, on était là pour vingt ans...". Et il y avait des revanches qui se préparaient. "On" m'avait fait passer aimablement une liste des "gens sûrs", des "gens pas sûrs", et des "gens totalement engagés de l'autre côté", qu'il convenait de "virer" immédiatement et plus vite que ça. Déjà, je n'aimais pas beaucoup ce genre de procédé. J'ai donc convoqué le premier de la liste noire, un haut fonctionnaire PS bon teint, identifié, repéré, parfaitement convaincu d'être immédiatement sacrifié et ayant à peu près assuré ses arrières. Il est entré persuadé qu'il s'agissait d'un entretien de politesse, valant licenciement immédiat, du type "Cher Monsieur le Directeur, vous comprendrez évidemment que je ne peux...". Je l'ai fait asseoir. Et je lui ai posé la seule question importante. Je lui ai demandé de me parler des enjeux de l'Education nationale. Avec la liberté de celui qui se croit déjà licencié, il m'a donné son point de vue, confié ses inquiétudes, dit franchement un certain nombre d'erreurs que ses successeurs allaient devoir corriger. Nous avons parlé une heure. Il s'est levé et je lui ai dit : "Votre successeur, ce sera vous. Ici, on ne juge pas de la compétence à partir des opinions. Vous êtes confirmé". Je vois encore ses yeux. Cette conversation lui a fait un choc, disons, culturel... Il n'y a pas eu meilleur ni plus fidèle animateur de la politique que j'ai conduite ensuite, amitié en plus.

Je n'aime pas l'idée américaine du spoil system , le système des dépouilles, de la "chasse aux sorcières", qui fait que, lorsqu'une nouvelle majorité entre en fonctions, il est convenu qu'elle renouvelle tous les responsables de l'Etat pour n'avoir autour de soi que des gens engagés. Je crois le contraire. Je crois qu'il faut avoir autour de soi non seulement des gens engagés mais aussi des gens "dégagés", indépendants, au jugement libre. [...]

La République sociale

Je n'aime pas les discours qui laissent entendre qu'au fond chômeurs ou RMistes sont les coupables de leur propre disgrâce. Pour penser cela, et pour oser le dire, il faut être très loin de la vie des gens. Parce que la vérité de la vie, c'est qu'on ne tombe pas d'un côté ou de l'autre en fonction des dons ou des mérites. Il y a une grande part de chance. La vie est faite de multiples carrefours où vous pouvez chuter, où la distance entre tout va bien et tout va mal est seulement de quelques millimètres. Et qui a vu les enfants avant la vie adulte sait bien que tout n'est pas écrit dans la volonté, dans le mérite, dans le sens du travail. Ceux qui tombent et ceux qui s'en sortent, ce sont les mêmes. Et heureusement, on peut tomber d'abord et s'en sortir ensuite. Et le contraire. Je n'aime pas qu'on montre du doigt ceux qui sont le plus mal en les accusant de paresse. La lassitude, ça arrive, ce n'est pas de la paresse, c'est une malédiction. Raison de plus, bien sûr, pour en sortir.

La République sociale ne laisse pas les gens seuls. Je suis pour le peuple organisé, y compris en face des pouvoirs, pouvoir économique et pouvoir politique. Je suis pour la démocratie sociale, où les corps intermédiaires, syndicats et associations seront reconnus comme des acteurs de premier plan... [...]

Contre l'arrogance

J'ai toujours su détecter la condescendance, ce mouvement des yeux qui va de haut en bas. Alors s'est formée en moi comme une perle noire, la détermination qu'un jour de tous ceux qui sont ignorés je serais le porte-parole. J'ai toujours marché vers cette promesse.

C'est pourquoi je suis bien dans les banlieues. Je suis bien avec les ouvriers, même si pendant longtemps, je le sais, ils m'ont catalogué avec les autres. A cause de la télévision : pour eux, tous ceux qui sont de l'autre côté de l'écran appartiennent au même monde. Ainsi me regardaient-ils avec méfiance au début, quand j'arrivais. Mais rarement à la fin de la conversation. Je suis bien avec les paysans, avec les éleveurs, avec les vignerons. Et avec tous ceux, hier reconnus, aujourd'hui méconnus, qui ont l'immense besoin de se faire entendre à nouveau.

C'est pour eux que je conteste la puissance des puissants, l'arrogance des arrogants. C'est pour eux que j'essaie de trouver les mots, sachant bien combien ils s'en méfient, ayant été si souvent abusés... [...]

Je dirai tous les jours la vérité aux femmes et aux hommes qui forment mon pays. Je ne m'enfermerai pas à l'Elysée mais j'irai à leur rencontre comme je le fais toutes les semaines depuis des années. Je mobiliserai leur énergie, leur volonté, pour que nous allions tous ensemble dans le même sens.

Je serai proche, mais non familier. Je n'ai pas l'intention de renoncer à la solennité de la fonction, puisqu'il est des moments où la solennité est un service. Mais la solennité peut aller avec la simplicité.

Si je suis élu président de la République, je parlerai aux Français. Je leur parlerai des grandes choses et je leur parlerai des petites, qui ne sont pas si petites. Plus exactement, je parlerai des petites choses sans jamais renoncer à parler des grandes, et des grandes sans jamais renoncer à parler des petites. [...]

Le déshonneur de la dette publique

La question de la dette est un déshonneur pour les générations de responsables qui ont été au pouvoir depuis vingt-cinq ans. [...]

Depuis 1981, année après année, le déficit a été toujours davantage creusé et la dette s'est toujours davantage accumulée, jusqu'à atteindre cette année la somme astronomique de 1 200 milliards d'euros ! Qui équivaut à un montant égal à la totalité du travail de tous les Français et de toutes les entreprises de notre pays, du matin au soir et du soir au matin, pendant huit mois de l'année, addition de toutes les factures et tous les bulletin de salaire d'un pays de 63 millions d'habitants pendant la même période !

C'est une somme astronomique qu'aucun esprit normalement constitué ne peut se représenter. On en est réduit à chercher des analogies, des comparaisons qui la rendent compréhensible : par exemple, en supposant que cette dette soit répartie à égalité entre tous les foyers français, chacun d'entre eux devrait rembourser à partir d'aujourd'hui environ 100 000 euros, même si la dette cessait brutalement d'augmenter. C'est l'équivalent d'un appartement moyen, ou d'une petite maison, à rembourser à fonds perdus pendant des décennies.

On dit souvent : la dette, ce sont nos enfants qui devront la payer. Et on prend de faux airs apitoyés, en conservant au fond de soi un lâche soulagement. On se trompe ! Nous la payons tous les jours puisque, depuis 2005, la totalité de l'impôt sur le revenu - lisez bien : la totalité du montant de l'impôt sur le revenu ! - est entièrement absorbée par le service de la dette. [...]

Nous vivons comme des inconscients qui jouent assis sur une bombe. Car l'explosion nous guette : si la dette est à peu près vivable pour les Français depuis qu'elle a dépassé la cote d'alerte, c'est uniquement à l'euro que nous le devons. Il est d'autant plus immoral d'ignorer la gravité de cette question et de conduire des campagnes électorales en continuant de promettre, en dépensant des dizaines de milliards par anticipation, dont nous n'avons pas le premier sou. Ce sont des chèques en bois, ou des chèques tirés sur le compte des plus jeunes d'entre nous, que seule l'ignorance des réalités empêche de manifester sous les fenêtres des candidats démagogues. [...]

Un tracteur pour symbole

Il m'est arrivé quelque chose de drôle pendant cette campagne électorale : on m'a associé avec un tracteur... Il y a cinq ans, je m'étais associé moi-même avec un bus qui roulait au colza. Je trouvais que c'était une très bonne idée et, finalement, je le pense encore aujourd'hui. Simplement, c'était en avance sur le temps.

Cette fois, on m'a découvert sur un tracteur. C'est arrivé par le plus grand des hasards. En début de campagne, une polémique a surgi sur les patrimoines des candidats, sur l'impôt sur la fortune et toutes ces choses qui font paraît-il l'ordinaire des campagnes dans notre beau pays. J'ai donc décidé de rendre public mon patrimoine, déclaration obligatoire au début de son mandat pour tout élu de la nation, que j'ai simplement actualisée et transmise aux journaux et agences qui me le demandaient. Sur cette déclaration, dans la rubrique de mon exploitation agricole, il y avait mes tracteurs... J'en ai deux, auxquels je suis attaché parce que l'un était celui de mon père et que l'acquisition de l'autre a marqué ma nouvelle histoire d'amour avec la terre et les chevaux. [...]

La simple mention de ces tracteurs sur ma déclaration de patrimoine a touché quelque chose d'affectif chez ceux qui me regardent. On s'est mis à m'offrir des tracteurs en modèle réduit. Je trouve cela délicieux et amical. Cela veut dire : on sait d'où tu viens. Je viens de là-bas. Je viens de la terre. [...]


Projet d'espoir
, un livre de François Bayrou, aux éditions Plon, 17 euros, 194 pages.



Les derniers commentaires

Mr Bayrou, l’avenir de la gauche est à droite...

Posté par : corbisier - 28 novembre 2007 21:56

...mais seul le jeu sur les mots est facile. Sur tous les problèmes de notre temps la gauche n’a rien d’utile à dire, elle s’oppose. Elle est née de la revendication de droits pour les démunis auprès des industries des plus riches. Elle ne crée aucune richesse, elle en demande sa part. Aujourd’hui la gauche n’a plus accès aux riches, ceux-ci se sont mis hors de portée. Mais l’avenir de la droite, lui, est à gauche, dans une nécessité de solidarité. Pourquoi ? Parce que la solidarité dans le monde d’aujourd’hui consiste dans l’affrontement partagé des dangers. Le vrai défi, urgent, est d’ordre écologique. Or celui-ci ne se résorbera pas par des mesures coercitives ou incitatives – qui sont cependant utiles – mais bien par l’induction d’un changement de mentalité parmi les hommes. Utopique ? Peut-être pas. Il suffit de voir la rapidité avec laquelle la crainte s’est installée, sur deux, trois années de fonte anormale des glaciers et de la banquise, de tornades et de tsunamis inhabituels. Peut-être est-il possible, s’appuyant à cette crainte (dont il suffirait que les effets s’atténuent pour qu’elle soit oubliée, à tort), d’amener des réformes qui seraient lourdes à intégrer sans doute mais laisseraient vivre une chance de survie de l’humanité. Or la droite est le capitalisme, libéral, support de la mondialisation, seul chantre possible d’une solidarité volontairement définie. Elle est donc la seule force politique à pouvoir introduire des mesures librement acceptées qui aient un impact planétaire et une continuité auto induite. Sarkozy a proposé un programme de droite coloré de rose social. Il prétend s’attaquer à bon nombre de points noirs qui existaient encore en France par rapport à une vision moderne d’une gestion d’Etat efficace. Mais le problème de la présidence Sarkozy, c’est Sarkozy lui-même, avec ses caractéristiques psychiques narcissiques, la brutalité arrogante de son ego, sa soif de disposition de biens matériels, le jeu sadique de la prise de contrôle d’autrui, serait-ce de ses propres collaborateurs, le faire semblant de l’écoute de l’opposition. Cette droite sociale auquel un nom totalement nouveau doit être trouvé doit au contraire être libre face au monde, dépouillée, sans appétits matériels indus. Elle sera féconde si elle trouve sa satisfaction dans la retenue montrée par les possédants dans l’accumulation des richesses. Quant au centre, lui, errant sans se trouver d’âme, il crèvera de manque d’enthousiasme et de passion.

si j'etais a paris j'irai a Bercy

Posté par : Nemo - 17 avril 2007 13:00

Je suis a Londres donc ca sera difficile. Par contre, ce serait bien la premiere fois de ma vie que j'emettrais le desir de participer a un meeting, j'ai toujours vote mais je pense que cette annee est vitale pour la France (meme si je suis resident a l'etranger, je suis francais et fier de l'etre) et c'est bien la premiere fois que je m'inscris, que je debats etc...Je vote pour FB, j'espere qu'il sera elu, cette derniere semaine je vais las passer a essayer de convaincre mes proches de voter pour lui, ou en tout cas pas pour Sarko, BONNE CHANCE FRANCOIS

Bayrou, par défaut

Posté par : patrick_bl - 12 avril 2007 17:25

Je suis socialiste, militant et j'ai été candidat sous l'étiquette du PS il n'y a pas si longtemps... mais en Suisse. Cela étant, j'ai également la nationalité française et je voterai donc aux présidentielles. J'ai un dilemne. Sérieux. Je ne crois pas que Ségolène puisse battre Sarko au deuxième tour. Et je crois que je veux plus que Sarko ne soit pas élu que je ne veux que Ségolène le soit. Pourtant nous avons là une chance formidable de pouvoir porter une femme à la tête du pays. Être une femme n'est pas un programme en soi, et le programme du PS, adopté certes dans la douleur, me convient majoritairement. Mais je me retrouve dans la position où un vote "utile" au premier tour pourrait s'avérer être un gros handicap au second. Le problème que j'ai avec Bayrou, c'est qu'il a quand même beaucoup voté comme la droite au cours des 10 dernières années. Et pas sur des sujets moindres. Cela ne fait pas si longtemps qu'il marque son désaccord publiquement avec la majorité. L'idée d'un gouvernement multi-parti me plaît. C'est ce que nous avons en Suisse et ca fonctionne très bien, si tant est que la notion de consensus et de collégialité soit inculquée à ces messieurs-dames en même. Dans les grandes lignes, le programme de François Bayrou ne me choque pas. Il ne m'enthousiasme pas spécialement nous plus. Mais à choisir avec la France d'après de Sarkozy, il n'y a évidemment pas photo. Alors que faire? Suivre ses convictions et soutenir son parti en donnant son vote utile? Ou combattre la soif de pouvoir malsaine d'un homme qui veut changer la face de la France en un régime présidentiel de type anglo-saxon en votant Bayrou? Bayrou a été le seul à réclamer un grand débat avant le premier tour. C'aurait été tellement utile. Dommage. J'espère que les quelques jours qui nous séparent du premier tour me permettront de pouvoir enfin voter pour quelque chose qui me plaît, plutôt que contre quelque chose qui me dégoûte, comme en 2002 au deuxième tour. Patrick Baud-Lavigne http://pbl.romandie.com

Tss Tss... - à Ouicmoijérôme

Posté par : Cratyle - 6 avril 2007 22:57

Je trouve toujours curieux qu'on nous envoie des arguments manifestements inadaptés, et qu'il faut que nous trouvions nous-mêmes les arguments sérieux qu'on pourrait nous opposer (quand il y en a, il est vrai). Par exemple, ne vous êst-il pas venu à l'esprit que quand un homme politique, au lieu de jouer sur l'affrontement ou des étiquettes sans grande signification, présente un vrai projet, cohérent et détaillé, le premier réflexe d'un Français n'est pas de crier, mais de discuter calmement quand il n'approuve pas, et qu'en tout cas, même quand il n'approuve pas, il apprécie la qualité du projet qu'on lui propose? Lisez et vous constaterez la qualité du projet. C'est la raison pour laquelle il n'est pratiquement pas besoin de censurer ici. Nous avons tous, au contraire, l'expérience d'avoir été censuré sur les sites de Royal et Sarkozy: essayez d'envoyer une vraie critique sur leurs sites, polie et argumentée, et vous verrez. D'ailleurs, ici, qui baratine ou trolle se déconsidère aux yeux des lecteurs. Lisez et vous verrez qu'il y a aussi des controverses, argumentées, entre nous, mais elles sont constructives. C'est un vrai bonheur de construire, et cela seul mérite remerciements. Nous sommes ici du centre, de droite ou de gauche et pourtant nous sommes d'accord, sinon sur tout, sur la grande majorité des points de détail et le projet d'ensemble. Croyez-vous donc que ce soit si différent chez les hommes politiques républicains, théâtre mis à part? Croyez-vous donc que ce soit différent dans les dix autres pays européens gouvernés par des alliances? Mais il est vrai que s'il s'agissait de rassembler la droite toute entière et la gauche tout entière, en France, cela ne serait pas favorable à un vrai changement. Cependant, ce n'est pas de cela qu'il s'agit: nous savons tous que les extrêmes bien sûr, mais aussi une partie de la droite (le clan Sarkozy notamment...) et de la gauche (en gros les antilibéraux et ceux autour de Fabius...) ne feront pas partie de notre majorité, ni eux ni nous n'en ayant envie d'ailleurs. En fait, il s'agit d'une union du centre, de la gauche social-démocrate, des écologistes (à la Voynet ou Lepage et non à la Bové), de la droite modérée (ultralibéraux et autoritaires exclus). Ceux-là ont des idées très proches, sont prêts à travailler ensemble (le nombre de coups de fil reçus par Bayrou sur ce sujet l'atteste), et forment un ensemble cohérent autour des projet et programme d'action de François Bayrou. L'histoire du charisme (ou du manque de caractère) m'a toujours fait rigoler. Ecoutez les discours (celui d'Agen juste hier, celui de Strasbourg, celui de Bordeaux, le discours de censure, etc...) et vous constaterez qu'il a un charisme étonnant. Quand on est allé à un de ses meetings, on n'en doute plus. Pas d'artifice chez lui, juste une parole nue. Regardez le Temps de Choisir, ou A vous de juger... Vous jugerez après. Je pense que pour représenter la France internationalement, il a justement le caractère qu'il faut: calme, ferme, capable de négocier, intelligent, connaissant ses dossiers, maîtrisant la langue et capable d'improviser sans notes (on ne lui écrit pas ses textes!)... le contraire d'un agité dangereux ou d'une indécise qui se prend les pieds dans le tapis et change d'avis le lendemain matin, aucun ne connaissant d'ailleurs leurs dossiers parce qu'ils se consacrent à l'image, au coup politicien, aux rapports de force, aucun n'ayant de cohérence profonde parce qu'ils sont prêts à lâcher par-dessus bord ce qu'il leur reste de convictions pour obtenir du pouvoir: ce n'est pas ainsi qu'on est grand face au Monde. François Bayrou, lui, est habité par ses convictions, par sa future fonction, par la volonté de changement qu'on peut toujours chercher ailleurs (dans les paroles ça se trouve, pas dans les actes). Personne ne vous en veut ici. Au contraire même, nous sommes prêts à discuter, mais prenez le temps de connaître Bayrou, de l'entendre, d'abord. Ce site est fait pour cela.

Projet d'Espérance

Posté par : Bichon41 - 2 avril 2007 17:48

Projet d'Espoir, joli nom pour un livre mais je l'intitulerais pour mon compte perso :"Projet d'Espérance", l'espoir fait vivre mais l'Espérance encore plus. Je viens de finir de lire ce jour ce livre que je trouve être une superbe "Profession de foi" : Il y a 3 semaines, je ne pensais pas m'y mettre et j'ai lu les 194 pages sans problème. Il se lit bien, traite des problèmes dont tous les français souhaitent voir un réel changement : éducation, insécurité, respect des religions, emploi, logement, constitution, etc... On a le sentiment que Mr Bayrou est d'une telle sincérité, qu'il ne s'aventure pas comme un candidat sûr de lui, écrasant les autres, mais modeste dans ses propos et c'est ce qui me plaît chez lui. Vouloir rassembler les valeurs de chaque camp : Tolérance et Equité pour le Centre, Ordre et Effort pour la Droite (bien que je n'ai pas le coeur à droite), et Egalité et souci des faibles pour la Gauche. Pourquoi pas mélanger tout cela sans majorité, sans que l'un tire dans les pates de l'autre ? C'est cela dont j'aspire et je veux y croire. Travailler ensemble pour aller vers une VIème république digne de ce nom. Ce ne sera sans doute pas facile du premier coup mais qui ne tente rien n'a rien !... Courage, allez jusqu'au bout, j'ai envie de vous suivre !!!

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