1 commentaire(s)
Lu 1992 fois
http://www.bayrou.fr/opencms/opencms/media/2television/bayrou-canal-plus-190307.html
François Bayrou prône un meilleur équilibre des pouvoirs
19 mars 2007
François Bayrou a exposé les grandes lignes de la réforme institutionnelle qu’il compte mettre en œuvre s’il est élu : le président de la République doit assumer l’action de l’Etat, le Parlement doit avoir davantage de pouvoir et il ne doit plus y avoir de nominations de complaisance dans les instances d’arbitrage. François Bayrou propose également d’introduire de la proportionnelle afin que tous les courants d’opinion soient représentés à l’Assemblée nationale.
"Je n’ai aucun doute sur la volonté de changement des Français" a assuré François
Bayrou. Hier encore, en visite au Salon de l’étudiant à Paris, il a pu vérifier que les
citoyens souhaitaient sortir de l’éternel affrontement UMP-PS. Le candidat à l’élection
présidentielle a une nouvelle fois accusé les médias d’essayer de sauver l’ancien
système et d’imposer aux Français, le duo Sarkozy-Royal. Mais il est convaincu que les
Français imposeront le changement…
François Bayrou a estimé que l’action publique devait changer : "Il y a quelque chose
qui ne va pas dans la manière dont on gouverne le pays". Le candidat à l’élection
présidentielle veut changer la vision de l’Etat, le périmètre de la majorité et son
organisation pour qu’il soit plus économe et plus efficace. Ainsi, il souhaite qu’il
n’y ait pas plus d’une vingtaine de ministères. François Bayrou propose de regrouper la
jeunesse, les sports, les personnes âgées, les associations, Internet et peut-être même
l’immigration dans un seul et même ministère. "La société française est en mutation profonde"
a justifié le candidat : les associations et Internet ont pris une place très importante, la
question des personnes âgées - et en particulier de la dépendance et de la solitude –
l’insertion de jeunes dans la vie active… tout cela pose, selon lui, des interrogations
sur notre société. "Comment va-t-elle évoluer et assumer nos valeurs dans le monde qui vient ?
Cela mérite une réflexion qui regroupe tous ces secteurs en mouvement" a expliqué le candidat.
S’agissant de l’immigration, François Bayrou a prôné la fermeté mais il a souhaité
qu’on ne persécute pas les familles et en particulier celles qui ont de enfants scolarisés en
France. Il conditionne le regroupement familial au fait d’avoir un logement pour accueillir
sa famille et d’avoir un travail pour subvenir à ses besoins. La maîtrise de la langue
française est, selon lui, un avantage pour l’intégration.
Au-delà de la question de l’insécurité, François Bayrou a fait du retour de l’Etat
dans les endroits où il a disparu, une priorité. Il a fait remarquer que l’Etat est présent
là où ça va bien et il est absent là où ça va mal, principalement dans les banlieues et dans les
zones rurales. François Bayrou veut ainsi réimplanter des services publics et une "police
fidélisée" qui soit enracinée et présente dans ces quartiers. Concernant les mineurs récidivistes,
il a estimé que les sanctions devaient être les plus rapides possibles. François Bayrou pense à des
sanctions éducatives type travaux d’intérêt général et peines de réparation. Des peines
alternatives à la prison qui est, selon lui, "un pourrissoir" : "Il faut faire notre travail
d’adulte, de père et de mère de famille pour qu’ils retrouvent les repères qu’ils
ont perdus ou qu’ils n’ont jamais eus".
François Bayrou a exposé les grandes lignes de la réforme institutionnelle qu’il compte
mettre en œuvre s’il est élu Président. Il faut, selon lui, redéfinir les fonctions du
président de la République et du Premier ministre. Aujourd’hui, le chef de l’Etat est
en retrait et c’est le Premier ministre qui définit l’action du gouvernement. François
Bayrou estime que c’est le président de la République, élu au suffrage universel, qui propose
un cap : il doit porter et assumer l’action de l’Etat. Deuxième chantier, le
Parlement doit, selon lui, trouver une véritable place : concrètement, cela veut dire que
l’on interdit au gouvernement le passage en force par le 49-3, que le Parlement retrouve la
maîtrise de son ordre du jour et que celui-ci ait le droit de discuter des sujets qui lui sont
aujourd’hui interdits comme la privatisation des sociétés d’autoroutes ou
l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. François Bayrou a rappelé que sur ces
deux questions, le Parlement n’avait pas pu voter. Troisième changement, il faut, selon lui
changer la loi électorale afin que tous les courants d’opinion soient représentés à
l’Assemblée nationale. Le candidat à l’élection présidentielle est favorable à 50% de
proportionnelle comme cela se fait déjà au Sénat. Enfin, François Bayrou veut mettre fin aux
nominations de complaisance aux postes d’arbitrage comme le Conseil constitutionnel et le
Conseil supérieur de l’audiovisuel. Pour que l’Etat redevienne impartial, il propose
que les nominations du président de la République soient confirmées par une majorité des deux tiers
ou des trois quarts de l’Assemblée nationale et du Sénat. François Bayrou souhaite faire
passer cette réforme constitutionnelle par référendum. Il a annoncé qu’auparavant, il
invitera tous les partis politiques à participer à la définition des nouvelles règles du jeu
institutionnelles afin que les Français soient assurés que les changements sont justes.
Interrogé sur l’arrestation de Cesare Battisti recherché pour meurtre par la justice
italienne, François Bayrou a expliqué que l’écrivain en cavale était quelqu’un qui
avait participé à des choses graves mais qu’il ne savait pas s’il était innocent ou
coupable des crimes dont on l’accuse. Rappelant que l’ex-militant d’extrême
gauche avait été condamné par contumace, il a estimé qu’il fallait donc qu’il soit jugé
en sa présence comme l’exige les droits de la personne humaine. Mais il a expliqué
qu’il n’avait aucune indulgence pour les assassinats commis durant les années de plomb
en Italie et qu’il pensait aux victimes.
"C’est une femme que j’ai beaucoup aimée dont je respecte l’histoire" a
affirmé François Bayrou à propos de Simone Veil. Il a dit ne pas comprendre la violence de ses
déclarations à son encontre : "Cela ne ressemble pas à la Simone Veil que j’aime" a
insisté le candidat à l’élection présidentielle. Il a ajouté : "On peut aimer
quelqu’un dans son histoire et puis avoir à un moment donné une très grande incompréhension
de ce que cet homme ou cette femme fait ou dit".
Enfin, interrogé sur le meeting organisé par le collectif Urgence Darfour mardi, François Bayrou
a indiqué qu’il s’y rendrait s’il est libre. Il est déjà allé dans la
région : "Ce qui se passe là-bas est une tragédie à l’échelle d’un siècle.
Normalement, si nous voulons être à la hauteur de ce que nous voudrions être, nous de devrions pas
laisser faire".
Canal+
Se sont-ils tous donnés le mot ?
Chaque fois que François BAYROU commence à s'exprimer et à exposer une idée, il est systématiquement interrompu par le journaliste qui l'interroge. Et, bien entendu, il lui faut recommencer son explication ce qui diminue considérablement son temps de parole. Alors que quand c'est Sarkozy qui s'exprime, les journalistes attendent, bien sagement, que le candidat est fini ses explications. En ce qui concerne Ségolène ROYAL, la politesse - dont font preuve les médias - s'impose d'elle-même car ceux-ci ne veulent pas passer pour des goujats. Maintenant que les parrainages sont terminés, les candidats disposeront d'une équité de temps de parole...ouf !