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Le plan de François Bayrou pour la Guadeloupe et la Martinique

Conférence de presse de François Bayrou

9 février 2006

De retour des Antilles, François Bayrou a évoqué les différents maux qui frappent la Guadeloupe et la Martinique : lors d’une conférence de presse, il a longuement évoqué une société marquée par l’esclavage qui est aujourd’hui confrontée à une immigration sauvage et à un chômage endémique. Le président de l’UDF a également parlé de la crise du secteur de la banane, des problèmes de transport et du développement économique des deux îles.

(résumé de la conférence de presse de François Bayrou)


De retour des Antilles, François Bayrou a évoqué les différents maux qui frappent la Guadeloupe et la Martinique : lors d’une conférence de presse, il a longuement évoqué une société marquée par l’esclavage qui est aujourd’hui confrontée à une immigration sauvage et à un chômage endémique. Le président de l’UDF a également parlé de la crise du secteur de la banane, des problèmes de transport et du développement économique des deux îles.

François Bayrou est revenu de son voyage de quatre jours aux Antilles avec plusieurs convictions : « la société guadeloupéenne et martiniquaise ont un immense besoin de reconnaissance en raison du drame que représente l’esclavage pour la mémoire collective de ces peuples ». Il a salué la démarche du Président de la République et a affirmé que l’esclavage n’est pas une question d’ordre politique comme le croient les Français de métropole mais d’ordre existentielle. Selon lui, cette communauté a une « tache aveugle dans sa mémoire, un lieu où elle ne peut pas aller ». François Bayrou a parlé de « crime contre l’humanité commis par toute l’humanité » depuis des millénaires qui lui donne son caractère unique : « tout cela est une charge dans la mémoire collective, et mérite d’être saisi, révélé, éclairé aux descendants de victimes comme aux citoyens de la métropole ».
François Bayrou a également voulu alerté l’opinion sur l’immigration sauvage en provenance de pays dans la misère et en particulier d’Haïti : « la déstabilisation due à l’immigration incontrôlée est en train de faire naître des sentiments de racisme galopants ». Le président de l’UDF a qualifié la situation d’ « explosive » et de « brûlante » en Guadeloupe et a insisté sur la nécessité d’agir vite. François Bayrou a proposé deux orientations qui lui paraissent « absolument nécessaires » pour sortir de la crise : la sécurisation des côtes afin de refouler la centaine de milliers de clandestins tout en veillant à ce que ceux-ci soient traités de manière humaine et un plan Marshall pour Haïti, principal pays d’émigration. Le président de l’UDF a souhaité que l’aide internationale permette au pays le plus pauvre de la planète de reconstruire ses infrastructures.
François Bayrou a évoqué le problème endémique du chômage (40% de la population) et des Rmistes (25%) dans les Antilles françaises. Le président de l’UDF a défendu le principe d’activité universelle et la possibilité de cumuler un travail - à temps partiel, dans une association ou un organisme public – et les minima sociaux. Il faut, selon lui, montrer que le travail apporte un plus. François Bayrou estime que se contenter de distribuer les chèques, crée une dépendance, un esclavage même dont les personnes ne parviennent plus à en sortir : « le principe de l’activité universelle est vital pour l’équilibre de ces sociétés qui sont en train de s’enfoncer dans une dépendance qui n’est pas normale et prometteuse pour l’avenir ».
Le secteur de la banane fait vivre 15 à 20 000 personnes. Or ce secteur est en crise. Pour François Bayrou, cela tient uniquement à une question de droits de l’homme : la France paie convenablement les salariés, elle offre une couverture sociale et respecte l’environnement. Du coup, un salarié coûte 75 dollars par jour contre à peine 10 dollars dans les multinationales. Il considère cependant qu’il ne faut pas seulement s’attarder sur la production mais aussi prendre en compte les producteurs. « Si la production disparaissait, ce serait un part essentielle des Antilles qui disparaîtrait en terme d’emplois mais aussi de caractéristiques de paysage » a estimé François Bayrou. C’est pourquoi le président de l’UDF considère que ce secteur « doit être défendu sans faiblesse et sans failles » d’autant que la production actuelle ne parvient pas à couvrir la consommation de bananes de l’Union européenne.
François Bayrou a également expliqué que la question des transports faisait partie des problèmes clés des Antilles. Il a parlé de « discontinuité territoriale » pour évoquer l’absence de correspondances à Roissy avec la Guadeloupe et la Martinique : les touristes européens sont donc obligés de changer d’aéroport pour se rendre aux Antilles. Idem du Canada. La seule liaison directe avec les Etats-Unis a seulement été rétablie le 15 décembre dernier. Le président de l’UDF a expliqué que cette question des transports posait un problème concret pour le développement du tourisme des deux îles. Il a fait remarquer que l’Etat français dépense de 180 à 190 millions d’euros par an pour assurer la continuité territoriale avec la Corse contre seulement 40 millions pour l’ensemble de l’Outre-mer.
Enfin, François Bayrou a plaidé pour une zone Franche dans les Dom-Tom afin de favoriser le développement économique. Le président de l’UDF a expliqué que cette politique avait porté ses fruits en Corse : elle permet de diviser les charges sociales par deux et la taxe professionnelle payée par les entreprises est allégée. Cela permettrait, selon lui, de rééquilibrer la concurrence dans le secteur agricole. François Bayrou est convaincu que le développement des Antilles (comme de la métropole) est conditionné à une politique globale de long terme qui assure aux acteurs économiques, une stabilisation du paysage juridique et social.




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