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Jean-Marie Cavada : "Le nationalisme, c'est la guerre !"

28 mars 2007




Jean-Marie Cavada, député européen, était l'invité du journal d'i-Télévision. Nathalie Ianneta et Laurent Bazin l'ont interrogé sur les incidents de la Gare du Nord. Le nouveau nationalisme à la mode, que Jean-Marie Cavada craint. De ses réunions publiques. Des mots en politique qui font mal. Des thèmes de campagne qu'on brandit pour en cacher d'autres. De la campagne de François Bayrou qui respecte les Français. Une interview à la hauteur du personnage.

Jean-Marie Cavada reste prudent. Il ne sait que peu de choses sur les violents incidents qui ont opposé des casseurs aux forces de l'ordre au sein de la Gare du Nord à Paris, hier après-midi. Il pense que les caméras seront utiles pour l'enquête. Apparemment, selon Jean-Marie Cavada, un garçon d'une trentaine d'années aurait voulu emprunter les transports en commun sans payer. Une algarade s'en serait suivie avec les policiers.

Les choses se sont enchaînées jusqu'à voir surgir de véritables commandos anti-police. Cependant, le député européen se méfie des phénomènes de manipulation, se rappelle du bon père Voise à la veille de l'élection de 2002. Il existe effectivement un fossé grandissant entre la jeunesse et les représentants de toute autorité, quelle qu'elle soit. Et tout peut exploser à tout moment. La prudence extrême reste de mise.

Nicolas Sarkozy a commis une faute majeure en supprimant la police de proximité. Les quartiers ont été abandonnés à leur sort. C'est la politique systématiquement généralisée des entrants face aux sortants au pouvoir : annuler toute décision positive ou négative prise lors du mandat précédant. Et cela dure depuis vingt-cinq ans. Le corollaire, c'est l'effet boomerang. Les émeutes de 2005, les incidents de la Gare du Nord en sont les avatars les plus flagrants.

Jean-Marie Cavada se trouvait hier en réunion publique dans les locaux de Zyva, une association basée à Nanterre. Elle vient en aide aux enfants des banlieues qui ont besoin de lien social. Il observe une volonté extraordinaire de participer au débat. Contrebalancée par une fascination pour la violence, elle-même tempérée par l'ivresse de la carte d'électeur. Enfin, on va voter ! Cela constitue pour Jean-Marie Cavada la meilleure des nouvelle. On peut aboutir dans le souhait de réorganiser les quartiers, d'y faire retourner la République qui en a totalement disparu.

C'est certainement le langage de Nicolas Sarkozy qui lui fait beaucoup de mal. Il lui en fera beaucoup jusqu'à l'élection, juge le vice-président du Parlement européen. Juste avant le début de la réunion, une dame avec ses deux enfants lui a demandé de les regarder tous les trois et de lui dire s'ils avaient l'air de racailles. Ces mots-là heurtent. Ils restent au coeur de ceux qui se sentent Français.

C'est non seulement une humiliation, une atteinte à la dignité de ces personnes, mais plus grave, cela instille l'idée chez les autres que la situation est figée pour longtemps et que personne ne pourra jamais rien faire. Ce n'est pas l'idée que se fait François Bayrou de l'action publique. Jean-Marie Cavada ajoute qu'il pense aussi au sang-froid des policiers. Ils n'ont pas la tâche facile. Ce ne sont pas eux les principaux responsables de cette situation complètement délétère.

Tous respectent en général la Nation. Ils n'ont pas besoin qu'en plus, on leur rappelle tous les jours que l'hymne national est la Marseillaise et le drapeau national compte trois couleurs. Ségolène Royal devrait garder un peu de décence. La voir gambader sur les tréteaux de France surprend un peu Jean-Marie Cavada qui se fait une autre idée du socialisme. Flatter les instincts nationalistes n'a jamais été de très bon aloi. Elle aurait dû apprendre cette phrase de son mentor en politique, François Mitterrand : « Le nationalisme, c'est la guerre ! »

Le programme de François Bayrou n'a rien à voir avec l'immobilisme décrit par les équipes de la candidate socialiste. Il faut palier à l'absence de démocratie dans notre pays. Pendant qu'elle discoure à loisir sur des thèmes très tangents politiquement, elle ne parle pas d'éducation, de contrôle des pouvoirs, de Parlement défaillant, de social-économie comme François Bayrou le fait tous les soirs devant des salles pleines. Tous les candidats sont respectables.

Jean-Marie Cavada déplore que la campagne devienne une guerre de tranchée où chacun donne des coups, en reçoit et abaisse la campagne à des niveaux ridicules. Peut-être des indications que Jean-marie Le Pen est bien plus haut dans les sondages que l'on veut bien nous le faire accroire. Alors on se dispute ses oripeaux. En détournant les électeurs des vrais enjeux. Ce n'est pas à mettre au crédit de tous.

Il déplore que la seule réforme engagée ces dernières années a été celle engagée par François Fillon sur les retraites. Aujourd'hui, aucune majorité ne se reposant que sur son camp ne peut gagner la lutte contre la crise que nous traversons, sauf à faire gouverner la France par la rue.

On fait un mauvais procès à François Bayrou. Dire de lui qu'il est de droite est aussi inepte que de l'avoir reproche à François Mitterrand en son temps. Ce fut l'homme de l'union de la gauche, alors qu'il commença sa carrière politique à droite. Qui sait d'ailleurs si Nicolas Sarkozy n'évoluera pas lui-même, ironise Jean-Marie Cavada. Lui qui évoque tellement la rupture. François Bayrou promet un bouleversement de la vie politique française, lui. C'est pour cette raison que les Français voteront pour lui, conclut Jean-Marie Cavada.

I-Télévision

Un entretien en vidéo avec Jean-Marie Cavada

Les derniers commentaires

Cavada à z'yva

Posté par : roseline - 1 avril 2007 15:53

Je suis allé au zy'va débat sur l'Europe avec entre autre comme invité JMCavada ,et je fus emballé par son discours et son coté trés pédagoque et sa proximité avec le public ,en plein quartier populaire comme on dit parler d'Europe voila comment faire de la politique de proximité qui donne vraiment envie de voter et de s'impliquer pour changer la donne ,continuons d'investir ces territoires de la République pour porter la couleur Orange ,couleur de l'espoir et de l'avenir .....Merci encore à Cavada pour son humilité et son pragmatisme ....Roseline du 78 ,venue spécialment à Nanterre pour voir en vrai l'ex journaliste ...

Suite à l'article sur Mr Cavada... et sur les "émeutes" de la Gare du Nord.

Posté par : danag - 30 mars 2007 15:56

Je respecte tout à fait les idées que Mr Cavada a développées et je les partage. Néanmoins j'aimerais qu'une position clairement un peu plus ferme sur le fait que tout le monde a des droits et des devoirs (quelles que soient sa couleur ou son origine) soit affichée dans les interventions télévisées ou discours (je pense là notamment à ce qui s'est passé à la gare du nord: bien entendu, il faut rester prudent, mais quand même...). A ce sujet je conseille d'aller voir sur le site de LCI.fr l'interview de Yasmina, jeune femme issue de l'immigration, qui se dit désabusée, non pas par l'attitude des policiers (elle était sur place), mais par le risque d'être assimilée à des gens qu'elle considère comme des délinquants. Je ne vais pas paraphraser cette interview. Cette jeune femme est mesurée dans ses propos et cependant ceux-ci ne sont pas "politiquement corrects" et ne pourraient pas être dits par quelqu'un qui ne vient pas des cités: cette personne serait immédiatement traitée d'extrémiste, ou au moins de Sarkoziste. Son interview a suscité de nombreuses réponses (dont la mienne) pour la plupart mesurées elles aussi. Mon avis est qu'il ne faut pas laisser place à l'ambiguïté . Je fais partie des gens qui pensent que le centre n'est pas "mou".

à Républicain : la parole politique, une parole efficente.

Posté par : solimano - 30 mars 2007 01:27

Sarkozy démontre que la parole politique est efficiente et qu'elle joue un grand rôle sur la mentalité bonne ou mauvaise des gens. Parler à mauvais escient comme il le fait, désigant les fauteurs de troubles comme ses ennemis intimes n'est pas une parole responsable de Président de la République. Elle n'apaise en rien les conflits au contraire... C'est démago. Cela flatte une certaine frange de son électorat qui appelle à la vengeance. Pour moi, on ne peut redresser les tords de la société française qu'avec amour même avec ceux qui se sont exclus des règles normales de la République.

Cette histoire de Gare du Nord qu'on nous raconte....

Posté par : ciboulette - 30 mars 2007 00:48

Monsieur Sarkozy n'est pas responsable de ce que font les délinquants dans les banlieues, je ne dirais pas ça, mais plus tôt que non seulement il n'a rien fait pour y remédier et qu'en plus il a participer à l'accroissement des tensions. Quand vous supprimez la police de proximité, quand vous dites à des policiers que c'est bien joli d'organiser des matches de foot avec les jeunes, mais que ce n'est pas leur boulot, leur boulot c'est la répression, je dirais qu'il a entretenu son fond de commerce. Car Monsieur Sarkozy qui prépare sa candidature depuis quelques années, n'a cessé d'agir dans son intérêt et non dans celui du Pays qu'il était censé servir. AUjourd'hui, il joue les grands caîds, persuadé que la France va voter pour lui, Grand Policier qui a tout fait pour attiser les foyers de délinquance.... Sinon, il ne pourrait plus nous faire son numéro !

Sarkozy est il responsabledu naufrage du Titanic

Posté par : republicain2007 - 29 mars 2007 23:54

La question de l’insécurité est un problème sérieux et il n ‘est pas acceptable qu’elle puisse être récupérée par des démagogues

Il est toujours dangereux de stigmatiser et de jouer avec les peurs
F Bayrou se serait grandi en dénonçant fermement les bandes de voyous qui ont sévi gare du Nord< Il a , à juste titre dénoncé les abus sécuritaires lors de la récente affaire de la maternelle ; De même il peut condamner les erreurs de son rival et le retrait de la police de proximité< Mais M Bayrou ne peut tout de même pas accuser M Sarkozy de porter la responsabilité de ceux que font les délinquants de nos banlieues Il n ‘est pas plus responsable du dernier tsunami ou de la guerre de 1914 1918< Il a tout simplement un bilan médiocre< Les historiens et les sociologues soulignent avec justesse que les violences urbaines ne sont ni récentes ni spécifiquement françaises > Depuis 1982 le problème revient régulièrement dans l’actualité Pas plus que la France ne sombrait dans l’insécurité en 2002 elle n ‘est en 2007 au bord de la guerre civile Il y a un problème d’impunité et de non respect de la loi républicaine par une minorité < Les simplifications abusives ne conviennent pas à un candidat qui séduisait par son sérieux ; Il n’a rien à gagner à hurler avec l ‘extrême- gauche

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