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Laissons dormir Césaire sous le soleil de Martinique



François Bayrou a estimé aujourd'hui qu'il valait mieux "laisser dormir" le poète martiniquais Aimé Césaire, décédé jeudi à Fort-de-France, "sous le soleil de Martinique" plutôt que de le transférer au Panthéon comme d'autres élus l'ont suggéré. "La famille bien entendu et le gouvernement décideront. Pour ma part, je laisserais Aimé Césaire dormir au milieu des siens, dans la terre et sous le soleil de la Martinique qu'il a tant aimée", a ajouté François Bayrou. "L'idée que tous les grands hommes doivent être réunis dans un lieu unique me paraît souvent une idée d'un autre temps, surtout pour celui qui a voulu défendre la fierté d'être soi-même, l'orgueil de sa culture, enracinée dans l'histoire singulière et souvent tragique de son île". François Bayrou, qui avait été longuement reçu par Aimé Césaire lors d'un déplacement aux Antilles en 2006, a précisé qu'il se rendrait à ses obsèques, dimanche à Fort-de-France.

A l'annonce de la disparition d'Aimé Césaire jeudi 17 avril, François Bayrou avait tenu à exprimer son émotion :

"Au moment où Aimé Césaire disparaît, je pense aux visages différents d'une vie si pleine et si riche.
 
Je pense au jeune garçon qui arrive, au début des années 30, en hypokhâgne au Lycée Louis le Grand. Le destin fait qu'il se trouve alors dans la même classe que Léopold Sedar Senghor. Et ces deux destins croisés, ces deux hommes qui commencent, vont changer la vie de beaucoup d'Africains, de beaucoup d'Antillais, et de tant d'autres, à la peau noire, qui trouvent alors orgueil et fierté, permettant que se redressent des générations jusque là trop souvent courbées.
         
Je pense au jeune professeur, revenu avec sa femme sur sa terre des Antilles. Je pense aux générations qui furent marquées par son enseignement, et à ceux qui eurent la chance de recevoir de ses mains le flambeau de la pensée et de la langue, en particulier à Edouard Glissant.
        
Je pense au poète, à celui dont la langue précise et volcanique animait à la fois le pamphlet politique et la poésie.
       
Je pense à l'élu, à l'homme politique, maire de Fort de France pendant plus de cinquante ans, député pendant des décennies, qui fut à la fois à l'Assemblée nationale et sur sa terre de Martinique, une vigie pour des générations. Je pense au militant qui forgea une pensée politique pour les siens, rejetant le colonialisme et capable en même temps de dire non au stalinisme.
        
Je pense au sage que l'on visitait, à la longue rencontre qu'il m'accorda en 2006, au veilleur dont les yeux devenus fragiles voyaient si souvent au-delà de l'horizon. Cet homme-là, cet homme aux visages multiples, mérite la reconnaissance des hommes debout."



Mots clés : bayrou, cesaire

Les derniers commentaires

Partagé ? pas vraiment

Posté par : utah - 27 avril 2008 21:50

Sur le sondage, toujours. Je suis un peu partagé, mais un peu seulement. D'une part, en effet, la question posée... ne se pose pas. Il est aussi impossible de voir Sarkozy appeler Bayrou que voir Bayrou accepter. Donc je suis aussi agacé que plusieurs d'entre nous.

Mais d'autre part, que veulent dire les réponses des sondés ? Elles veulent dire, d'une part, que dans un sondage les gens n'ont pas le choix des questions : ils répondent à ce qu'on leur demande. Et je crois bien que pour eux, choisir Bayrou comme "Premier ministre", c'est une manière de dire que cela doit changer, et que s'il faut changer, il est le mieux placé pour le faire. C'est ce que m'a confié ce matin ma voisine, qui ne suit pas de très près les complications de la vie politique, mais qui voit souvent clair sur l'essentiel, parce qu'elle a le sens "de l'humanisme et de la justice"

Ne nous plaignons donc pas. Nous venons d'avoir la preuve que les Français attendent beaucoup de FB... donc du MoDem, donc de nous. A lui et à nous de savoir répondre à ces attentes. C'est compliqué (voir l'affaire RMI-RSA-PPE). Il est temps de se mettre au travail... et de faire circuler entre nous les résultats de ce travail. Travailler plus pour gagner plus... de confiance, et finalement de voix.

la confusion régne toujours chez les citoyens français....ou la fait-on régner?

Posté par : anisse - 25 avril 2008 20:23

Le sondage donnant François favori au poste de 1ier ministre de Sarkozy,SI CE SONDAGE EST HONNETE, prouve que les Français n'ont pas compris la différence qui existe entre le MD et l'ump....prouve qu'ils conçoivent qu'un homme droit comme François, pourrait se compromettre avec le pouvoir en place....ce qui le décrédibiliserait totalement....et alors, nous avons plus que du pain sur la planche !ou alors, ne seraient-ce pas des manoeuvres fallacieuses pour nous détruire et nous déstabiliser et entretenir la confusion et l'ignorance dans le peuple, voire la créer! ne nous réjuoissons pas de ces résultats et restons sur nos gardes! faisons nous connaitre....ignorons ces flatteries!

au théâtre ce soir

Posté par : scorpion54 - 25 avril 2008 13:50

Merci à Citizenet d'avoir eu le courage de rester devant son écran T.V. Pour ma part, je suis partie dans une autre pièce, et en ai profité pour faire un petit mot d'encouragement à certains de mes amis, et à quelqu'un de très méritant : j'ai nommé : François Bayrou. Merci tout de même pour votre petit compte-rendu.

@ citizenet

Posté par : libre - 25 avril 2008 12:01

Moi hier soir, à part sur la question d'Ingrid Bétancourt (là, on ne peut rien lui reprocher) et l'Afghanistan (question complexe pour laquelle on peut admettre qu'envoyer des troupes supplémentaires soit nécessaire, tout au moins la question se pose), ce que j'ai entendu est des belles paroles (ça, il sait faire, il est même très doué pour faire des belles paroles) contredites par la réalité des résultats et par les actes, ainsi que des contradictions.
Car Ce qu'il n'a pas dit hier soir, c'est que son si merveilleux paquet fiscal a été bâti sur des prévisions de croissance de 2,25 à 2,5% pour 2007 et qu'en réalité elle a été de 1,9. Il n'a pas dit non plus que le budget 2008 a été bâti sur des prévisions de croissance de 2,25% et qu'elles ont été revues à la baisse par le gouvernement (1,7 à 2%). Et donc tous ces points de croissance inférieurs aux prévisions initiales, ce sont plus de dette et plus de déficit.
Il n'a pas dit non plus que tous les employés sans-papiers qui sont dans le même cas que ceux du restaurant de Neuilly allaient être régularisés massivement. Au cas par cas certes, mais massivement quand même. Et cela, les électeurs du FN qu'il est allé chercher avec les dents ne vont pas l'apprécier du tout. Alors retour au bercail ? D'ailleurs sur l'immigration, il tient des discours contradictoires : d'un côté il dit qu'on ne peut pas régulariser ces gens alors qu'il y a des immigrés légaux au chômage et de l'autre il vante son immigration choisie qui consiste à faire venir de la main d'oeuvre de l'étranger (et les immigrés légaux qui sont au chômage alors ?).
Il nous a aussi fait un beau discours moralisateur, auquel j'adhère totalement, sur l'affaire de la Société Générale. Mais ce qu'il n'a pas dit, c'est que dans le même temps il dépénalise le droit des affaires et que cela ne va pas dans le sens d'une moralisation de ces affaires.
Alors On peut toujours se gargariser de belles paroles et dire "réforme, réforme, réforme !" (mais quelles réformes ?). La réalité n'est pas celle décrite par Nicolas Sarkozy hier soir.

@ virta

Posté par : libre - 25 avril 2008 11:50

Rassurez-vous : François Bayrou premier ministre de Nicolas Sarkozy, cela n'arrivera jamais (je pense pouvoir dire cela avec certitude bien que ne connaissant pas personnellement FB). Et je suis d'accord avec vous : il mérite mieux que d'être le premier ministre de Sarkozy. Il mérite d'être A LA PLACE de Sarkozy.

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