François Bayrou : "Partout où nous avons été candidat, nous avons réalisé une moyenne de 15 % des voix. C'est un très gros score"
François Bayrou était l'invité de RTL, ce mercredi 12 mars. Interrogé par Jean-Michel Apathie sur les propositions d'alliance nationale de l'UMP, le président du Mouvement Démocrate a déclaré : "Je n'ai pas refusé la main tendue. Ce que voulait l'UMP, c'est un accord global sur toutes les villes de France, ce qui aurait fait du MoDem de nouveau l'allié exclusif de l'UMP", ajoutant que "ceci n'aurait pas été dans la cohérence qui est la nôtre parce que cela aurait voulu dire que nous revenons dans le camp contre le camp" et "pour moi notamment dans la vie locale, ce camp contre camp est une anomalie, une malédiction". ` "Dans une commune, on devrait pouvoir associer les grands courants pour les faire travailler ensemble" a répété François Bayrou, confirmant la philosophie du Mouvement Démocrate lors de ces élections municipales. "La nouveauté, c'est l'idée que nous pouvons travailler avec des républicains qu'ils soient au PS ou à l'UMP comme chacun d'entre nous le fait dans sa vie quotidienne" a-t-il insisté. Questionné sur le cas d'Aubagne, le président du Modem a affirmé : "Nous considérons qu'il faut avoir un minimum de patrimoine, de repères communs, le parti communiste pour l'instant n'entre pas dans ce patrimoine". "Je ne donnerai pas mon investiture à Aubagne" a-t-il ainsi déclaré, "c'est la seule alliance que je n'accepte pas".
Jean-Michel Aphatie : Tout est en place pour le deuxième tour des élections municipales. Le
MoDem que vous présidez est tantôt allié avec la Droite, tantôt allié avec la Gauche, selon les
villes ; et vous avez entendu l'auditeur qui a précédé notre dialogue "On ne peut pas faire
confiance à un Parti qui s'allie tantôt ici, tantôt là."
François Bayrou : La nouveauté -ce que nous apportons ou voulons ouvrir pour la Politique
française- c'est l'idée qu'on peut, en effet, travailler avec des Républicains qu'ils soient au
Parti Socialiste ou à l'UMP comme chacun d'entre nous le fait dans sa vie de tous les jours et
comme beaucoup d'élus le font dans les communes françaises.
C'est neuf. Et quelquefois, c'est trop neuf, on a du mal à se faire comprendre !
Quand c'est neuf, il faut, en effet, expliquer et non seulement expliquer mais ouvrir les
portes.
Et vous croyez que vous serez compris ?
Je veux seulement dire que j'ai appris par la radio qu'il y avait eu une alliance, la seule
que je n'accepte pas, c'est à Aubagne parce que l'alliance avec un maire communiste sortant (même
si c'est quelqu'un sans doute de sympathique, je ne sais pas, je ne le connais pas, je ne l'ai
jamais rencontré).
C'est sans doute un Républicain, François Bayrou !
Mais ceci n'est pas dans le cadre ...
C'est parce qu'il est Communiste ?
Oui. Ceci n'est pas dans le cadre.
Ah bon ! Parce qu'il est Communiste, ce n'est pas bien !
Ceci n'est pas dans le cadre de la vision qui est la nôtre. Nous considérons qu'il faut avoir
un minimum de repères communs ou un patrimoine de repères communs, et ce patrimoine de repères
communs ... évidemment, le Parti Communiste pour l'instant, il évoluera peut-être dans le temps ...
n'entre pas dans ce patrimoine de repères communs.
Je voudrais vous faire remarquer, François Bayrou, que par exemple à Lille, il y a des
candidats du MoDem qui sont sur la liste de Martine Aubry, à côté de candidats
communistes.
Oui, il y a côté d'eux, il y a des Verts et c'est des gens que je respecte. Il y a, comme
vous le savez, beaucoup de Socialistes sur des listes UMP. Beaucoup d'UMP sur les listes
socialistes, on a vu ça pendant toute la campagne électorale.
Pour moi, les choses sont claires.
Il faut que les têtes de liste appartiennent au courant républicain démocratique français. Et
le courant démocratique français républicain, c'est du Parti Socialiste jusqu'à l'UMP, comme ça se
passe dans la plupart des communes françaises.
Donc, vous désavouez ce matin sur RTL l'alliance à Aubagne.
Donc, je ne donnerai pas d'investiture à Aubagne parce que ça, évidemment, ça ne serait pas
dans la logique et la cohérence de la vision qui est la nôtre.
Pour le reste, je considère qu'on peut et qu'on doit travailler avec des équipes ou des
maires qui appartiennent à cet arc républicain français qui est souvent coupé en deux, et on
considère qu'on ne peut pas serrer la main des gens qui sont de l'autre côté. Moi, en tout cas, je
pense qu'il va falloir les rassembler.
Déclaration de François Fillon, hier : on a tendu la main à François Bayrou. Il n'a pas
voulu la prendre.
Pourquoi avez-vous refusé la main tendue, François Bayrou ?
Ah, je n'ai pas reçu la main tendue. Ce que voulait l'UMP, c'était un accord global sur
toutes les villes de France qui aurait fait du Mouvement Démocrate, de nouveau l'allié exclusif de
l'UMP. Et je pense que ceci n'aurait pas été dans la ligne, dans la clarté et dans la
cohérence qui est la nôtre parce que ça aurait voulu dire que nous revenons dans le camp
contre camp. Et le camp contre camp, pour moi, notamment dans la vie locale, c'est une anomalie,
une malédiction, enfin quelque chose qui fait qu'on ne peut pas avancer comme on devrait pouvoir le
faire. Pour moi, dans une commune, dans une ville, on devrait pouvoir associer les grands courants,
les principales sensibilités de la ville pour les faire travailler ensemble, pour qu'elles puissent
-ces grandes sensibilités- se saisir des problèmes qui sont ceux de la vie de tous les jours et les
faire avancer.
Convenez-vous, François Bayrou, de l'affaiblissement du MoDem durant le premier tour de ces
élections ?
Pas du tout. Partout, nous avons été candidat. On a réalisé une moyenne de 15 % des voix.
C'est un très gros score pour un Parti en apparition, en naissance, en convergence. La preuve c'est
que dans toutes les villes, les équipes différentes ont tout fait pour qu'on les rejoigne.
Alain Juppé se trompe donc quand il déclare dans Le Monde d'hier : "l'affaiblissement du
MoDem n'est pas une surprise, vue l'hétérogénéité de son électorat et sa stratégie à géométrie
politique variable". Alain Juppé se trompe ?
Alain Juppé que j'ai eu au téléphone, hier soir encore, je ne sais pas s'il a dit ça, je n'ai
pas lu cet article. Mais en tout état de cause, il était très heureux, je crois, d'avoir le MoDem
sur sa liste.
Pensez-vous que l'UMP souhaite votre défaite à Pau, François Bayrou ?
Ah, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui souhaiteraient ma défaite à Pau.
Ma question : c'est l'UMP ?
Mais qu'à Pau, en tout cas, les électeurs sont des électeurs libres et qu'ils ont, eux, entre
les mains la décision. Je ne crois pas que les mots d'ordre, qu'ils soient explicites ou
implicites, jouent sur les électeurs de Pau. C'est une ville dans laquelle on aime beaucoup
l'indépendance. On aime beaucoup la fierté, le caractère. C'est une ville qui résiste et qui aime
les personnes qui résistent. Elle a, dans son histoire, beaucoup de traces de cet ordre.
Nicolas Sarkozy, hier à Toulon, après le second tour des élections municipales, "Je tiendrai
compte naturellement de ce qu'aura exprimé le peuple français".
C'est bien ?
Il ne peut pas faire autrement.
C'est tout à fait normal que lorsqu'on a les responsabilités du Pouvoir, on tienne compte des
messages. Je crois que Nicolas Sarkozy qui, sur ce point, a beaucoup hésité, a raison de dire qu'il
tiendra compte des messages qui seront envoyés.
Il a eu raison de se mettre un peu en retrait pendant cette Campagne électorale ?
Oui, je pense qu'il a eu raison de se mettre un peu en retrait. Je pense qu'il a raison de
réfléchir à la manière dont on peut reprendre les choses à l'avenir.
Il y aura un avenir pour le MoDem après les élections municipales ?
Il y aura un grand avenir parce que, comme vous le savez, c'est étonnant de voir à quel point
parce que c'est une Formation qui a décidé d'être libre. Elle est aujourd'hui une offre politique
nouvelle pour les Français. Alors elle a absolument besoin de reprendre, de se structurer et de
préparer les combats qui viennent. C'est une formation politique qui va, je crois, changer
l'approche politique en France.
afficher clairement le drapeau du MoDem sur des liste indépendantes de préférence.
Il semblerait si j'interprète bien les derniers messages que nous aurions d'abord intérêt localement à nous construire une image claire avec des listes indépendantes affichant le sigle démocrate, partout (autant que possible), avant de se fondre dans des listes où l'electeur ne peut savoir quelle idée et quel projet relève du MoDem ou de l'allié du moment.
Par contre si j'en crois ce qui s'est passé à Paris, peut-être faut-il plus clairement faire comprendre à nos électeurs quelle autre liste locale nos discussions internes et externes, nous pousseront à inclure à la nôtre, au deuxième tour pour avoir des élus (indispensables à l'action et au fonctionnement), en s'assurant que notre allié de deuxième tour, prenne des engagements sur le respect qu'il portera à nos idées et nos candidats, quel que soit le résultat du premier tour et en expliquant aux électeurs les raisons de ce préaccord. De la transparence, dans ces indispensables discussions de couloir, pour ne pas être accusé de trahir notre électorat, mais aucune subordination.
L'électorat ne nous appartenant pas, c'est d'abord à lui qu'il faut penser en élaborant nos stratégie. Qu'il sache ce que nous pensons et ce que nous ferons à l'endroit où ils votent. Il peut ne pas suivre finalement notre choix au deuxième tour, mais le plus important est qu'il ne soit pas pris au dépourvu et ne se sente pas trahi par la décision de deuxième tour. Qu'on lui évite les déchirement d'appareils et les affrontements d'egos car sinon, il perdra confiance dans notre capacité à le représenter.
Par contre il faut trés clairement établir qu'au niveau national, il n'y aura jamais d'alliance globale et les yeux fermés avec un autre parti mais simplement des participations sur des projets concrets et particuliers. Déjà Mme Bachelot préparant les européennes racontaient sur les plateaux que centristes et UMP se retrouvaient au Parlement européen dans le même groupe. Il est important de dire notre différence et de jouer sur le fait qu'à Strasbourg, déjà, nous ne siégeons pas dans le même camp que l'UMP mais avec les démocrates. Ne pas laisser s'insinuer la désinformation et la confusion dans la seule élection qui sera proportionnelle et représentative de notre poids politique, si la campagne est bien menée.
@ laza
Peut-être devrions-nous écourter cet échange de point de vue au risque de monopoliser l'espace mais vu que l'actualité rythme les thèmes et que chaque nouvel article entraîne dans son sillage les lecteurs et leur commentaires je me dis que nous ne les pertuberons pas trop! J'ai parfaitement compris votre point de vue et je le partage; beaucoup de gens au ps comme à l'ump ne se reconnaissent plus dans les philosophies actuelles de ces 2 partis mais votent quand même pour eux par habitude et par crainte de l'inconnu, du changement (paradoxe : Bayrou, qui le premier avait prédit des lendemains qui déchantent pour la France sous Sarkozy, est tellement dénigré par les médias influents depuis 10 mois, que le doute s'est installé dans la tête des gens et que la plupart des mécontents ont voté PS (par pour son programme mais pour Punir Sarko...)! Pourquoi : parce que nous, le MoDem (surtout nos représentants qui bénéficient de mandat, même les sénateurs) sommes trop mous aux attaques incessantes de nos détracteurs; selon l'adage "qui ne dit mot consent" à chaque fois qu'un Hollande ou Raffarin dira que le MoDem avance dans l'inconnu et qu'en face aucune correction ne sera apportée, nous ne serons pas considérés. Par contre, si nous arrivons à exister et à bien faire comprendre aux gens qu'il n'y a d'espoir de s'en sortir qu'avec le concours de tous (toute contribution est bonne d'où qu'elle vienne) en rangeant au grenier les luttes partisanes et conflits idéologiques dépassés, nous aurons réussi. Mais comme vous l'avez si bien dit, ça fera bouger toutes les lignes et changer toutes les habitudes; sommes-nous réellement prêts pour cela?
@ CABERNET
A Cabernet Merci de votre réponse. Je crois que je n'arrive guère à me faire comprendre. C'est difficile d'être claire sur des sujets finalement importants en peu de phrases.
Je suis peu attirée en général par tous les partis existants et la cuisine électorale, et c'est bien la première fois que je suis sympathisante d'un groupe qui veut changer quelque chose, en fonction des pensées de notre monde contemporain !
Je suis fille d'ouvriers, pas communistes, mais qui étaient assez sympathisants. Concrètement- on achetait Huma Dimanche au copain, et on votait "le plus à gauche possible". Mais voilà, je suis sortie du cercle, et au début des années soixante j'ai été en Russie. Je connaissais assez bien ce que pensaient de l'évolution de ce parti des gens qui en étaient des constructeurs et qui en sont non seulement vite sortis, mais qui ont essayé de faire la lumière sur la réalité des choses. Quand j'ai raconté ce que j'avais vu - moi - à mon entourage, tant ouvrier qu'intellectuel, je n'ai pas été la bienvenue. Je cassais un rêve. Comme j'étais jeune et que je continuais mes études tout en travaillant, j'ai eu aussi quelques problèmes avec le corps enseignant. Imaginez vous que j'ai égratigné Aragon, preuve à l'appui, ou ailleurs, des statistiques agricoles soviétiques, preuve à l'appui aussi. C'était un peu comme attaquer DIEU. Je suis encore surprise de ces réactions si brusques voir violentes !
En ce moment, toute discussion politique échappant au quotidien devient difficile. Les alliances, on vient de le voir, sont sources de méprises et de méfiance. A mon humble avis, quand on souhaite propager une nouvelle forme de pensée politique, il vaut mieux ne pas se commettre, surtout si les autres n'ont pas envie de changer quoique ce soit. Ce que je sais du passé, les politiques professionnels le savent bien mieux que moi ou alors, c'est grave. S'ils restent fidèles à un parti, - c'est l'acceptation du passé. Ils sont seuls juges de leurs actions mais je ne suis pas obligée de les cautionner, si sympathiques ou si peu représentatifs qu'ils soient. D'où ma réaction de soutien pour le non cautionnement de Bayrou pour Aubagne qui vient certainement de sa culture historique.
Voilà, c'est tout. J'essaie de comprendre quelque chose au Modem et de le soutenir. Mais autour de moi, ça ne suit pas. Je crois tout bonnement que l'image d'un centre d'un cercle qui ne va pas, c'est pas bon. Il faut être, et pas par rapport " à". Tout simplement. Cordialement. Laza
Echec relatif de Bayrou
"L'échec" de Bayrou (à 350 voix près dans une grande ville), et en plus dans une triangulaire me laisse parfaitement froid. Voilà qui ne m'empêchera pas de penser que FB a choisi une voix viable. Les idées du NC n'existent pas. Quitte à vouloir être gouvernés par des gens de l'UMP, autant avoir les vrais. Le Modem propose autre chose. Encore faut-il avoir une listre Modem à se mettre sous la dent. Dans ma circonscription, il y avait DVD face à PS alliés à des Verts. Difficile, dans ce cas, de voter Modem. Combien sont dans mon cas ? Il va de soi qu'en 2012, lorsque j'aurai enfin la possibilité de voter FB, mon vote lui sera favorable, comme beaucoup ici. A ce moment-là, on parlera de nombre de voix sérieusement. Pour l'instant, tout le reste est littérature. Bonsoir à tous et gardez le moral comme je garde le mien. Amitiés démocrates
@ Laza...
Je vous réponds ce dimanche 16 /03 à 17 heures avant que les urnes n'aient rendu leur verdict.........Vous établissez un rapport direct entre le PC et le FN; d'une manière plus géométrique vous les mettez à égale distance du centre, l'un à gauche l'autre à droite! Je crois savoir qu'à la gauche du PC il y a la LCR et LO ... A la droite du FN il y a personne (...même s'il y avait du monde durant la campagne des présidentielles); ainsi votre comparaison n'est pas vraiment équilibrée, à mon goût; je crois sincèrement que le PC est à la gauche ce que les néo-conservateurs sont à la droite; la différence c'est que d'un côté il y a plusieurs partis et de l'autre, l'ump a déjà bien entamé son travail d'absorption : Marie-George Buffet n'est donc pas plus dangereuse pour la république que Sarkozy ou Heurtefeux...Pour ce qui est de ces élections municipales et des enjeux locaux je vous renvoie à mon post "soyons cohérent 3" et si j'avais, en tant qu'électeur, à choisir entre un candidat Fn sincère, honnête et respectant les principes républicains qui me sont chers et un autre candidat, représentant un parti plus politiquement correct, mais trainant derrière lui des casseroles, je n'hésiterai pas une seconde...J'ai justement choisi d'adhérer au MoDem car j'en ai marre de ces étiquetages politiques qui n'ont plus de sens aujourd'hui; dernière chose : je n'ai jamais voté à gauche. Bonne soirée (camarade) et merde à FB et à tous nos candidats encore en lice.