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Culture

"La culture relève du verbe être et non du verbe avoir"

"La culture n'est pas un luxe qui vient après le nécessaire"

"Elle constitue le soubassement de nos prises de conscience, de nos comportements et des événements historiques. Au même titre que l'éducation et le recherche elle peut aussi être la clé de l'innovation dans nos sociétés à travers la création". Comme l’a dit François Bayrou venu rencontrer les acteurs culturels au Festival d’Avignon 2006, ces trois domaines qui "relèvent davantage de l’être que de l’avoir" doivent être prioritaires dans une "économie de la connaissance" .Or aujourd’hui, reflet de tout le reste, la culture est en crise. Deux objectifs fondateurs n’ont été que partiellement atteints : la démocratisation culturelle (l’accès de la culture au plus grand nombre) reste illusoire et les artistes sont en danger (cf. crise de l’intermittence)

A l’heure de la concentration des industries de loisirs, de l’influence du modèle américain, du développement très rapide des nouvelles technologies et moyens de transmission des savoirs et des œuvres dans une société qui a perdu ses repères et qui cherche du sens,   il faut refuser "l’abaissement de l’ambition culturelle pour tous" (F. Bayrou , au nom du Tiers-Etat. Il faut donc refonder nos politiques culturelles. "L’art est à la fois transmission et rupture, héritage et mouvement", ainsi le champ culturel est confronté à 4 enjeux majeurs :

- La transmission des savoirs composant notre patrimoine littéraire et artistique est un fondamental. Selon François Bayrou "La pire des fractures est la fracture culturelle". Aussi réaffirme-t-il aujourd’hui la même priorité qu’à son arrivée au ministère de l’Éducation Nationale en 1993, celle donnée à l’éducation artistique et culturelle à l’école*.

- Toute réforme profonde de la politique culturelle tient à la place que l'on fera à l'enseignement artistique dans le cadre de l'enseignement général.

- Le spectacle vivant souffre d’une diffusion insuffisante. Alors que le nombre de spectacles produits s’est fortement accru depuis une dizaine d’années, le public ne s’est pas renouvelé et élargi en conséquence : la transmission et le partage de la culture, c’est œuvrer aussi à sensibiliser et à accueillir toutes sortes de publics, de penser à des lieux qui ne soient pas tant figés dans des labels mais ouverts sur la cité et aux artistes, porteurs de projets innovants qui encouragent le croisement des disciplines et des genres, adaptés aux nouvelles technologies. C’est s’attacher aussi à ce qu’à l’ère du numérique où de nouveaux vecteurs de la culture (Internet, télévision mobile personnelle...) sont désormais disponibles, on développe une offre culturelle de qualité qui ne dépende pas de groupes monopolistiques mais repose sur la complémentarité service public-service privé.

-
L’art est héritage, il est également mouvement aussi faut il aujourd’hui repréciser la place de l'artiste dans la société, accompagner la création et soutenir la diversité culturelle, questions essentielles soulevées de façon cruciale par la crise des intermittents – non résolue aujourd’hui – et la loi sur les droits d’auteurs.

- Nous pouvons régler la question de l’emploi culturel notamment à travers une loi d’orientation du spectacle vivant proposant une véritable architecture de l’emploi artistique, par définition très diversifié, et garantissant un régime équitable et vertueux de l’intermittence . Le soutien aux créateurs dans leur diversité est une impérieuse nécessité.

Tout cela pose bien entendu la question des financements de la culture aujourd’hui en crise, et de l’organisation des territoires, aujourd’hui en panne. L’attention des médias s’est récemment portée sur le patrimoine et sur le recul de la francophonie dans le monde. Nous connaissons l’état de nos finances publiques, mais la culture est un investissement pour l’avenir afin de garantir les crédits nécessaires au rayonnement culturel de notre pays. Son budget, qui atteint péniblement les 1% de celui de l’État, doit faire l’objet d’une programmation pluriannuelle. Il faut aussi trouver les moyens de renouveler les financements de la culture dans un équilibre subtil entre la liberté de création et la pluralité des financements, publics et privés, et continuer à encourager le mécénat.

Il faut enfin sortir de cette "paralysie" et de cette instabilité que vivent les artistes, les professionnels et responsables associatifs de ce secteur. Aujourd’hui, la décentralisation n’optimise pas les financements publics : la stratification politico-administrative, au lieu d’amplifier une dynamique, la fige. La décentralisation culturelle, chantier inachevé du gouvernement, doit être organisée pour être réussie : qui fait quoi, comment et avec qui. Dans le même temps, l’État a toujours sa partition à jouer, mais un État modernisé, un ministère de mission qui renoue avec l’esprit insufflé par un Malraux et un Vilar et non de simple gestion, qui garantisse les grands équilibres, fédère, impulse dans le respect du rôle de chacun et mette en cohérence tout ce qui concourt, patrimoine comme création, à rendre la culture vivante et accessible sans démagogie ni marchandisation.

A côté de cette dimension locale de l’action culturelle qui doit viser en premier lieu à réduire les inégalités géographiques Paris-Province, entre régions, entre l’urbain et le rural (aujourd’hui un département sur 2 ne dispose pas de scène nationale alors que d’autres en dispose de 4 ou 5 ) entre les centres-villes et les cités (la crise des banlieues est aussi une fracture culturelle), il faut aussi inscrire nos politiques culturelles dans une dimension européenne, encourager la libre circulation des œuvres et des artistes, harmoniser les statuts sociaux et fiscaux des professionnels du secteur qui ne nous ont pas attendu pour construire l’Europe de la culture.


La culture n’est pas le simple chapitre d’un programme politique, elle est la composante d’un projet pour une nation : de l’enfant à l’école au citoyen dans la cité, François Bayrou veut tout mettre en œuvre pour que la culture soit le lien et le bien communs.

*(cf. protocole d’accord relatif à l’Education artistique de novembre 1993)



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Discours prononcé lors du colloque culture le 17/02/2007



Les derniers commentaires

benamou mal acquis ne profite jamais

Posté par : panache - 25 mars 2008 11:16

La villa Medicis pour Benamou qui, benoîtement, avoue qu'il a deux ou trois livres ou scénarios à finir (sous-entendu : j'ai trouvé le lieu idéal pour torcher cela...). Pendant la campagne, j'ai, à plusieurs reprises, posté sur ce thème au moment du dégazage dans les cabinets ministériels à l'approche des élections. On voit bien aujourd'hui que tout continue comme avant et que les personnes les moins aptes pour certains postes y parviennent sans proposer le moindre projet de développement : la culture et les affaires étrangères constituent de verts pâturages pour ces personnes devenus encombrantes et que l'on éloigne en leur donnant une promotion. A-t-on vu une réaction du Modem à ces pratiques ? Non, à ma connaissance. Alors qu'est ce qu'on attend. Il n'y a pas de petit dossier et il ne faut pas laisser ces choses se faire sans au moins donner mauvaise conscience (s'il lui en reste une) à M. Sarkozy qui avait promis de mettre de l'ordre dans tout cela...

Culture et Education compose ensemble ...

Posté par : xabi - 19 août 2007 18:59

Entre un public de moins en moins curieux, d'ailleurs plutôt hypnotisé par ce que lui donne les médias TV, et une culture tenue par des groupes privés, il est difficile de nos jours de devenir artiste, agent, producteur ... sans compter la difficulté de créer son entreprise (en général : système fiscal trop lourd, peu d'avenir !!!) pour exercer une actvité artistique (ce qu'interdit le statut de l'intermitence). 3 sujets en un ... culture, éducation, création de PME ...

transmission des savoirs

Posté par : puyguilhem - 2 juillet 2007 08:23

pas de proposition en ce qui concerne le tourisme, pourtant c'est un secteur d'activité important dans notre pays et je pense parfois ludique et pédagogique pour la transmission de la culture entre autres.

L'enseignement artistique et le territoire.

Posté par : lecambresien - 1 juillet 2007 22:01

Depuis la loi de décentralisation de 1984, on ne dit plus professeur de piano, flûte ou guitare mais "assistant d'enseignement artistique ou assistant spécialisé d'enseignement artistique ou enfin professeur d'enseignement artistique" selon le cadre d'emploi et le type d'établissement (école municipale de musique ou école municipale agréée de musique ou encore Conservatoire national de musique, appellations récemment remises en cause pour reclasser ces écoles en Conservatoire à rayonnement communal ou intercommunal, Conservatoire à rayonnement départemental et Conservatoire à rayonnement régional!). Les enseignants artistiques, déjà titulaires d'un Diplôme d'Etat ou d'un Certificat d'Aptitude dans leur discipline se sont vu imposer un nouvel examen ou plutôt Concours de la fonction publique territoriale afin de pouvoir devenir titulaires de leur emploi, qui, en cas d'échec au concours, serait perdu. Le concours étant presque exactement le même que les diplômes précédemment cités!Bref, on comprend un peu les manoeuvres consistant à mettre des obstacles en travers des carrières artistiques afin d'en décourager certains et de rendre plus compliqué l'accés à ces métiers. Les enseignants artistiques qui sont parfois bardés de diplômes annexes (Prix internationaux, Doctorats etc...) se retrouvent donc encadrés dans la catégorie B pour les assistants et les assistants spé et catégorie A pour les professeurs de la FPT, aux côtés d'agents de l'administration très respectables au demeurant mais bien souvent beaucoup moins diplômés , sans distinction aucune, sans accès aux divers mécanismes d'attribution de prime auxquels sont habitués les autres métiers de la FPT. Loin de moi l'idée de dresser les enseignants artistiques contre les autres employés de la FPT mais c'est plutôt un moyen de mettre en lumière une politique passée sous silence du fait de la faible représentation de la profession artistique dans les syndicats et de l'indifférence des grands médias à son égard. Cela veut dire aussi que l'enseignement spécifique des arts est confié aux maires, seuls à pouvoir apprécier si cela vaut la peine d'avoir un établissement d'enseignement artistique doté de moyens humains hautement compétents, accessible à tous (politique tarifaire locale) et si les enseignants sont simplement des agents ou alors des artistes encore considérés comme autrefois pour leur hauteur d'esprit et leur potentiel de création. Il me semble qu'à moins d'une volonté forte exprimée par un maire et son équipe pour aller dans ce sens, rien ne garantit que l'ensemble du territoire puisse réellement avoir accés à un enseignement harmonieusement qualifié et valorisé auprès de tous les publics. Rien n'encourage non plus les enseignants de l'art à s'investir car bien souvent les seules primes d'indemnités de suivi d'élèves ne sont pas accordées. Ne pourait-on imaginer un système plus reconnaissant à l'égard des artistes et des enseignants de l'art prenant mieux en compte leurs compétences intellectuelles ainsi que celles qu'ils déploient en matière de création en les plaçant sous l'égide d'un ministère à l'instar de l'éducation nationale, permettant notamment d'éviter l'écueil que constitue souvent en bout de chaîne la prise de décision mise entre les mains d'élus dont le niveau culturel parfois très bas et pour ne pas dire la méprise envers les artistes remet tout simplement en question tout le génie des artistes?

Rebondir sur le texte de raffinmichel.

Posté par : bonogreg - 11 juin 2007 12:53

Je suis de Bretagne donc ne connais évidemment pas le cas des Bouches du Rhône. Nombre de centres culturels sortent de terre sans projet et sans équipe ou personnel pour s'en occuper. Nombre d'entre eux finissent par être loués pour des couscous, lotos et réunions de clubs du troisème âge. Je suppose que cette caricature n'est pas éloignée du cas de votre commune. Il faut quelque part "éduquer" les élus à la culture. Tous élus qu'ils sont, ils ne savent peut être pas ce qu'est (ou était) la "démocratisatio culturelle" par exemple, et pour eux culture = spectacles de têtes d'affiche. Il faut donc les aider à comprendre ce que peut être une politique culturelle, et ce qu'elle peut apporter. Leur apprendre ce qu'est une résidence. Votre maire devrait tout de même accepter de vous recevoir !!

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