Modèle de société"Notre modèle, c'est la loi du plus juste"À Bordeaux le 7 février, devant près de 4000 personnes, François Bayrou a proposé au pays un "nouveau contrat social et républicain". "La France ne veut ni la société de l'un des candidats que l'on essaye de nous imposer, ni la société de l'autre. L'une est dure pour les faibles, douce pour les puissants. On fait applaudir en meeting ceux qui se lèvent tôt et siffler ceux qui ne se lèvent pas … Ceux qui ne se lèvent pas, ou plus, pour la plupart d'entre eux, souhaiteraient eux aussi avoir un travail. Se lever le matin. La société de l'autre, c'est un modèle que nous avons essayé, et qui a échoué. Il repose sur l'idée que l'État va s'occuper de tout. Pour nourrir cet État-là, il faudra augmenter considérablement les impôts, les prélèvements obligatoires - déjà en tête de tous les classements mondiaux. Nous voulons une République honnête, un État impartial. Nous aimons la République qui s'appelle liberté, qui s'appelle égalité, qui s'appelle fraternité. Ce sont trois vertus de résistance. Parce que la liberté n'est pas naturelle : ce qui est dans l'ordre de la nature, c'est la loi du plus fort. L'égalité n'est pas naturelle, c'est l'inégalité qui l'est. La fraternité non plus, mais le chacun pour soi. Notre modèle n'est pas la loi du plus fort, c'est la loi du plus juste. Ce modèle social commence à l'école. L'école n'est pas seulement un lieu d'éducation et de savoir : c'est la clef de la cohésion nationale. A chaque Français, la République dit : "Par l'école, tu auras ta chance !". Prenons l'engagement de faire de l'école un lieu où les enseignants, les élèves, le savoir soient en sécurité. Deuxième chapitre de notre contrat républicain : les banlieues. Faire de la concentration sociale fut une grande erreur. Je veux réintroduire la mixité sociale, imposer du logement social dans tous les programmes de logement. En direction des quartiers qui sont de fait, aujourd'hui, fermés, je souhaite un programme de transports : Clichy-sous-Bois est à quinze kilomètres de Paris, mais il faut une heure et demie pour aller à Paris ! Nous devons organiser le retour de l'État dans ces quartiers. Nous avons besoin d'une police de proximité, avec des recrutements dédiés aux quartiers pour qu'ils soient stables dans le temps, pour que les policiers soient capables d'interpeller les gamins en les appelant par leur prénom. Il y aura un sous-préfet dans chacun des quartiers, avec une administration, avec obligation de résidence. Et il faut de la démocratie : des conseils de quartier seront élus, qui se réuniront sous l'autorité du Maire. Je défendrai un service civique universel de six mois, à partir de dix-huit ans. Le service militaire était injuste dans sa conception et inadapté : au lieu de l'abandonner, il aurait fallu proposer une démarche différente, humanitaire, universelle : garçons et filles, riches et pauvres. Une période où l'on sorte de son univers familier pour découvrir une autre sensibilité de la France, pour apprendre des choses utiles dans la société. Combattons la souffrance sociale, l'exclusion. Le secteur de la santé mentale se sent abandonné ; parfois, les malades aussi ne trouvent plus de place dans notre société. Le nombre de bénéficiaires du RMI a augmenté depuis 5 ans. Parmi eux, des gens qui n'osent plus sortir de chez eux, qui n'osent pas avouer à leurs proches leur situation. Enfermés parce que, lorsqu'un travail est possible, il entraîne de telles difficultés, de telles dépenses, de telles pertes d'avantages divers, que l'on est conduit à refuser l'emploi. Toute personne qui choisit le travail plutôt que l'assistance, doit y gagner ! Cela impose une simplification de toutes les aides, unifiées en une allocation qui tiendra compte de la situation de chacun, et cumulable de manière dégressive avec la reprise d'emploi. Et à toute personne aujourd'hui réduite à l'inactivité, je veux qu'en plus du modeste mandat qu'on lui verse mensuellement, on lui offre une activité au service de la société, si elle a les capacités physiques ou mentales nécessaires. Une activité indemnisée, dans une collectivité locale ou une association. Je souhaite une nouvelle démocratie sociale, qui reconstruise la légitimité de la société face à celle de l'État. Qu'en matière sociale, on ne puisse plus voter une loi sans l'avoir déposée trois mois auparavant devant les partenaires sociaux. Nous devrions retrouver, entre l'État et les citoyens, des "corps intermédiaires" capables d'exprimer, face à l'État, la compétence des citoyens. Cette France, celle de la loi du plus juste, défend un modèle de société auquel beaucoup d'autres peuples pourront se référer. Elle retrouve sa vocation et son Histoire. Elle retrouve l'espoir." Lien(s):
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Pour un projet mobilisateur!
Les élections de dimanche ne sont qu’un début, elles ont déjà imposé le MODEM comme la troisième force ! Et M.FB est le seul homme politique d’envergure. Mais la victoire ne passera pas par la stratégie uniquement, mais surtout par la doctrine (ou projet de société). Comment trouver un espace entre le libéralisme débridé et socialement discriminatoire et un socialisme archaïque (qui se transforme en libéralisme honteux lorsqu’il est au pouvoir). Le bureau politique du MODEM pourrait adopter (et proposer aux Français) le SOLIDARISME de Léon Bourgeois qui réconcilie l’efficacité et la fraternité. Il faut que la politique retrouve une dimension humaine…
Concernant un passage de l'article de la LDH
Bonjour j'ai beaucoup de respect pour la LDH mais attention à deux points : 1- ce mouvement humaniste est très proche du PS donc je reste prudente sur son objectivité concernant les élections 2- pourquoi en France personne n'est choqué par le fait que, dans certaines régions, le Conseil Régional, le Conseil Général, les grandes communes, les agglo, les communautés d'agglo, les SEM, sont détenues par le PS sans que personne, jamais personne, ne soit choqué par cette concentration de pouvoirs !!!! Je suis contre la concentration de pouvoirs mais pourquoi est-ce mal quand c'est la droite et normal quand c'est la gauche ?? En dehors de ce point, je voudrais remercier François Bayrou de proposer un nouveau contrat social et non un pacte (le pacte me fait penser au pacte de non agression entre états alors que le contrat me paraît plus positif).
position de la ligue des droits de l'homme : à lire absolument
la ligue des droits de l'homme invite à voter ségolène royal : http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=1445 > 28 avril 2007 - Election présidentielle Le 6 mai, barrons la route à l’autoritarisme, votons pour défendre les droits et les libertés Communiqué de la LDH Contre-pouvoir et association civique luttant contre l'arbitraire, l'injustice et l'intolérance, la Ligue des droits de l’Homme n’intervient dans le débat électoral que si le bon fonctionnement de la démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le respect des principes de liberté, d'égalité et de fraternité sont en jeu. Nous venons de vivre cinq années de régression des libertés, de l’égalité et de la fraternité. Tous les pouvoirs ont été accaparés par un seul courant politique. L’autoritarisme, le recours aux moyens d’exception ont accompagné le renforcement du contrôle social, le choix du tout répressif, le recul des droits des justiciables, les attaques contre l’indépendance des juges. L’insécurité sociale a été renforcée pour les plus faibles, la protection sociale fragilisée, la précarité du travail encouragée. Les « marginaux », les « différents », les jeunes des quartiers défavorisés, ont été traités en boucs émissaires, les étrangers traqués jusque dans les écoles maternelles, les familles les plus démunies sanctionnées pour leur pauvreté. Si Nicolas Sarkozy se voyait confier la plus haute charge de l’Etat, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas : loi durcissant encore la répression pénale, nouvelle loi anti-étrangers, contrat de travail « unique » se substituant au CDI, sans parler du ministère de l’« identitaire » et de l’immigration… Il est de notre devoir d’alerter les citoyennes et les citoyens de ce pays : la poursuite et l’amplification de la politique menée depuis cinq ans ne serait pas un «rêve» mais un cauchemar. Nous ne voulons pas d’une démocratie muselée qui, parce qu’elle laisserait sur le bord de la route des millions de personnes, attiserait le communautarisme, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie et ouvrirait la voie aux révoltes sociales. Nous voulons une autre France : fière de sa diversité, soucieuse que chacun puisse réaliser ses aspirations, porteuse des libertés et rénovant sa démocratie. La France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle met ses actes en accord avec son ambition séculaire de voir tous les droits valoir pour tous. Pendant qu’il en est temps, la LDH appelle les électeurs à choisir la solidarité et non la peur, le respect et non les menaces, l’égalité et non les discriminations. La Ligue des droits de l’Homme appelle à voter et à faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal. Paris, le 28 avril 2007.
Le permis à points : synthèse de l’échec Français
La légitimation : La politique routière des dernières années obéit à un motif légitime : la baisse des tués et des accidentés liés à la circulation. C’est une cause juste, personne ne peut le contredire. Le résultat : 2 millions de Français (estimations) roulent sans permis, donc sans assurance ! 7 millions de Français ont moins de 4 points sur leurs permis, des pertes d’emploi pour retrait de permis sont constatés quotidiennement, l’inventivité des Français est de nouveau sollicitée (avocats contestant la validité de la procédure pour 5.000€, personnes dénonçant des proches étant en maisons de retraite et ne roulant plus qu’en déambulateur depuis des années, etc…), des citoyens sans histoire traumatisés par le traitement qu’ils subissent en commissariat suite à des infractions n’ayant pas entraîné de conséquences … La constatation : D’une cause juste, l’ayant placée pour exécution entre les mains d’une personne dénuée de sens pratique et de sens critique concernant son action (Mr. De Robien !), on se retrouve avec des effets pervers frappant aveuglément ceux n’étant pas à la cause des maux censés être corrigés et provoquant de nombreux dommages collatéraux (sentiment de crainte dans la population influant sur le moral global, défiance vis à vis des gendarmes, influence sur le secteur de l’automobile, etc…) Les solutions : - dissocier les délits mineurs (infractions de moins de 10km/H, portable etc…) des délits majeurs (stop, feux etc…) en adaptant les sanctions : plus de pertes de points, mais amendes (si besoin en fonction des revenus comme dans d’autres pays), stages de sensibilisation - chaque année sans infraction amène 1 point supplémentaire (maximum de 20 points) - des sanctions de type logarithmiques : plus il y a d’infractions, plus la sanction est dure L’esprit : - réconcilier les Français avec l’autorité en adoptant des dispositions justes, qu’ils peuvent comprendre - ne pas faire peser sur le plus grand nombre les conséquences des délits de minorités Mr. Bayrou, cet exemple est déclinable dans de nombreux autres domaines : nous avons besoin de vous pour construire le cadre d’une France dans laquelle le citoyen pourrait enfin à nouveau s ‘épanouir et nous permettre de donner le meilleur de nous-même pour que la France reprenne la place qui devrait être la sienne ! Nous comptons sur vous !
Le "modèle de société" est-il compatible avec la mondialisation marchande?
Le "modèle de société" qui nous est décrit concerne des impératifs auxquels la plupart des électeurs souscrivent. Mais le propre de la politique est de se donner les moyens d'atteindre ses objectifs. Or, la mondialisation marchande qui s'étend sur la planète est antinomique de la plupart de ces impératifs: aprés avoir atteint ses limites dans nos pays développés, l'économie libérale s'est tournée vers les pays émergents où l'absence de tels modèles permet une plus grande rentabilité des ressources humaines et fait concurrence à celles du vieux monde. La mondialisation libérale, qui va chercher ses profits là où les coûts d'exploitation sont les plus bas, est de ce fait l'ennemi objectif de tout modèle social que tendrait à installer ou préserver la démocratie (le libéralisme économique, contrairement à celui des idées, est la loi du plus fort et non la loi du plus juste). C'est le problème bien connu de l'affrontement entre marché et démocratie (cf. J.P. Fitoussi, J. Attali, etc.), qui remplace aujourd'hui l'ancienne lutte des classes, et conditionne grandement le "modèle de société". Sa résolution équitable, si l'on veut éviter un gouvernement mondial des multinationales par l'oppression libérale du capital, repose sur une conclusion démocratique tout aussi connue : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!" C'est une étrange ironie de l'histoire que ce mot d'ordre d'un célèbre manifeste ait servi d'alibi à des dictatures où l'echec démocratique et le retard de développement servent aujourd'hui la mondialisation marchande, qui y trouve ses meilleurs profits. C'est dire si celle-ci est multiforme et menace aussi bien notre Europe où "travailler plus et gagner plus" risque fort de signifier bientôt "travailler comme des chinois et gagner comme des chinois", si elle n'utilise pendant qu'il est encore temps son rôle de première puissance économique mondiale. Rien n'étant vraiment nouveau sous le soleil, quelle que soit la bonne volonté des auteurs de nouvelles sociétés, il faut donc garder à l'esprit ses classiques ainsi que les méandres de l'histoire si l'on ne veut se tromper ni de chemin ni d'adversaire...