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Parlement

"Que l’Assemblée redevienne le lieu du débat"

Pour François Bayrou, le Parlement doit devenir majeur : libre et représentatif du peuple des citoyens. Avec des députés se consacrant exclusivement à leur mandat, des hommes et femmes qui représentent toute la République, avec toutes les opinions, toutes les origines, toutes les cultures qui composent notre société.

"Aujourd’hui, le Parlement est tenu pour une chambre d’enregistrement de la volonté du gouvernement. Il mineur, sous tutelle. Les parlementaires en tirent la conséquence en étant absents des débats, et les ministres lisent des discours qu’ils n’ont pas écrits face à des rangées de fauteuils vides !

Il faut changer cette situation par la Constitution. Il faut donner au Parlement la maîtrise de son ordre du jour, l’obliger à passer à une situation de majeur.

Le Parlement pourra se saisir de tous les sujets  ; non qu'il ait vocation à décider sur tout, mais il doit avoir la possibilité de se prononcer. Si tel était le cas, les OGM, la Turquie, la privatisation des autoroutes y auraient fait l'objet de débats approfondis !

Il sera interdit au gouvernement de passer en force, ce qui signifie la suppression du 49-3 et des ordonnances. Les gouvernements ont dès lors besoin de construire des majorités d'idées, donc de convaincre. L'usage de la procédure "d'urgence" sera extrêmement limitée, c'est-à-dire limitée à la nécessité de traiter un problème qui ne peut être différé. La dissolution de l'Assemblée Nationale sera soumise à des règles vérifiées par le Conseil constitutionnel, elle ne peut être de complaisance.

Pour que cette Assemblée assume sa tâche, nous ne pouvons plus continuer avec des parlementaires absents ! La République nouvelle adoptera le principe du mandat unique pour les députés de la nation. Je propose une règle simple : si l'on n'est pas là, on ne vote pas : pas de délégation de vote. C'est déjà la règle au Parlement Européen, où par ailleurs, si l'on n'est pas là, on n'est pas payé.

Tous les citoyens français ont un droit égal à se voir représenter au Parlement. Aujourd'hui, les courants politiques de 50 % de ceux qui ont voté aux présidentielles de 2002 ne sont représentés par personne, et les partis de Lionel Jospin et de Jacques Chirac, qui ont recueilli ensemble 35% des voix, ont 88% des sièges !

Tous les courants d’opinion principaux, au-dessus de 5 % des voix, doivent être représentés par des élus à l’Assemblée nationale. J’ai toujours combattu les idées de l’extrême droite et de l’extrême gauche, mais je préfère combattre des idées, à visage découvert, à l’Assemblée nationale, plutôt que de les voir progresser à bas bruit dans la frustration de la représentation, et la facilité du silence.

C’est notre mode de scrutin actuel qui fait de la France le dernier et de loin parmi tous les pays développés pour la représentation de la majorité féminine du peuple, et des minorités d’origine ou de culture. Dès que l’on change la loi électorale, la diversité des sexes, des origines, des expériences professionnelles ou culturelles de notre peuple est immédiatement prise en compte.

Un mode de scrutin associant à égalité vote par circonscriptions et proportionnelle, assurera la représentation de tous les "territoires" de la société : la réalité territoriale et la réalité politique.

Enfin, la République a besoin que la voix des collectivités locales soit représentée dans la délibération des lois et participe au contrôle du gouvernement. Il est légitime que les responsables des grands exécutifs locaux soient en dialogue serré avec les gouvernants nationaux. Le lieu naturel de ce dialogue, c’est le Sénat.

Je veux dépoussiérer le Sénat, je veux le réformer avec une idée simple : qu'il représente mieux la société française, qu'il ne soit pas systématiquement debout sur les freins s'il s'agit de réformer."



Lien(s):
- Discours au colloque "Développement durable : passer aux actes", 21 octobre 2006
Discours au colloque "Quel Etat voulons-nous ?", 12 avril 2006.

Lien(s):
Discours de Rennes, 27 mars 2007
Discours au colloque "Refonder nos institutions et notre démocratie", 16 décembre 2005.



Mots clés : Parlement, démocratie, institutions, mandats, république, scrutin, femmes

Les derniers commentaires

L'ANONYMAT pour éviter le vote PARTISAN

Posté par : davaro - 11 mars 2008 00:59

Un député a été élu pour voter au parlement . Un vote anonyme et présense obligatoire règlerait le probleme du vote partisan bien français.

présence des députés

Posté par : clochette - 2 août 2007 13:08

ne pas voter si on n'est pas présent, c'est une très bonne idée et tout simplement le minimum de respect qu'un député doit à ceux qui l'ont élu. Ne pas être présents au débats, je trouve cela très choquant et celà montre un désintérêt total pour les décisions qui se prennent, et surtout pour les électeurs qui ont donné au député le mandat de faire entendre leur voix pendant 5 ans. Est-ce que les députés UDF-MoDem pourraient publier leurs statistiques de présence à l'assemblée? ce serait une première, car sur le site de l'Assemblée Nationale cette info n'est pas disponible (on comprend pourquoi...) Ainsi tout le monde pourrait voir qui est sérieux...

En réaction à Ju55

Posté par : DarthVader - 19 juin 2007 21:40

Je trouve que l'idée que vous suggérez est novatrice et intéressante. Vous proposez une espèce de "démocratie intégrale" dans laquelle ce serait directement les adhérents qui prendraient les décisions... Dans la pratique, ça me semble quand même un peu difficile à mettre en oeuvre, et n'oublions-pas que les députés MoDem qui ont été élus l'ont été sur la base des idées du MoDem qu'ils respecteront logiquement quand il s'agira de voter pour ou contre un projet de loi. Sans généraliser comme vous le faites à tous les sujets sur lesquels les députés auront à se prononcer (ce serait une véritable usine à gaz...), je pense que sur certains sujets particuliers et importants, il pourrait être envisageable que le MoDem consulte ses adhérents avant de décider de la position qu'ils adopteront. A priori, cette idée me plaît bien. Mais encore une fois dans la pratique, pour que ça puisse marcher, il faudrait je pense que cela ne concerne qu'un nombre très restreint de sujets.

représentation

Posté par : Ju55 - 5 juin 2007 11:45

Des députés MoDem indépendants, capables de dire "oui" quand les choses vont dans le bon sens, et "non" quand elles vont dans le mauvais sens, c'est une belle idée, c'est de la politique propre. Mais qui sera juge ? Qui dira si oui ou non telle proposition va dans le bon sens ? Ce qui serait intéressant, ce serait que les députés MoDem transmettent directement les volontés de leurs électeurs : Les militants MoDem devraient pouvoir voter, semaine après semaine, en interne, sur tous les sujets sur lesquels les députés doivent s'exprimer... les députés ne seraient pas obligés de suivre les votes des militants, mais simplement invités à le faire. Pourquoi pas ?

représentation

Posté par : Ju55 - 5 juin 2007 11:44

Des députés MoDem indépendants, capables de dire "oui" quand les choses vont dans le bon sens, et "non" quand elles vont dans le mauvais sens, c'est une belle idée, c'est de la politique propre. Mais qui sera juge ? Qui dira si oui ou non telle proposition va dans le bon sens ? Ce qui serait intéressant, ce serait que les députés MoDem transmettent directement les volontés de leurs électeurs : Les militants MoDem devraient pouvoir voter, semaine après semaine, en interne, sur tous les sujets sur lesquels les députés doivent s'exprimer... les députés ne seraient pas obligés de suivre les votes des militants, mais simplement invités à le faire. Pourquoi pas ?

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